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Le poème du lundi...

 

 

 

 

 

Le Crucifix de Santo Spirito est un crucifix en bois peint et étoupe durcie du grand peintre et sculpteur italien de la Renaissance Michel-Ange...

En 1493, après la mort de son premier mécène Laurent de Médicis, Michel-Ange a passé un an chez les Augustiniens de Florence, vivant et priant avec eux tout en étudiant l'anatomie sur les corps de l'hôpital dont ils avaient la charge.

Il a laissé aux moines pour les remercier de leur accueil, ce Christ en croix entièrement nu d'environ 1,40 m.

Verlaine, lui, nous a laissé un magnifique poème sur un autre crucifix, que je vous offre ci-dessous :

Un Crucifix

« Au bout d'un bas-côté de l'église gothique,
Contre le mur que vient baiser le jour mystique
D'un long vitrail d'azur et d'or finement roux,
Le Crucifix se dresse, ineffablement doux,
Sur sa croix peinte en vert aux arêtes dorées,
Et la gloire d'or sombre en langues échancrées
Flue autour de la tête et des bras étendus,
Tels quatre vols de flamme en un seul confondus.
La statue est en bois, de grandeur naturelle,
Légèrement teintée, et l'on croirait sur elle
Voir s'arrêter la vie à l'instant qu'on la voit,
Merveille d'art pieux, celui qui la fit doit
N'avoir fait qu'elle et s'être éteint dans la victoire
L'être un bon ouvrier trois fois sûr de sa gloire.
« Voilà l'homme ! » Robuste et délicat pourtant.
C'est bien le corps qu'il faut pour avoir souffert tant,
Et c'est bien la poitrine où bat le Cœur immense :
Par les lèvres le souffle expirant dit : « Clémence »
Tant l'artiste les a disjointes saintement,
Et les bras grands ouverts prouvent le Dieu clément ;
La couronne d'épine est énorme et cruelle
Sur le front inclinant sa pâleur fraternelle
Vers l'ignorance humaine et l'erreur du pécheur,
Tandis que, pour noyer le scrupule empêcheur
D'aimer et d'espérer comme la Foi l'enseigne,
Les pieds saignent, les mains saignent, le côté saigne ;
On sent qu'il s'offre au Père en toute charité.
Ce vrai Christ catholique éperdu de bonté,
Pour spécialement sauver vos âmes tristes,
Pharisiens naïfs, sincères jansénistes !
— Un ami qui passait, bon peintre et bon chrétien
Et bon poète aussi — les trois s'accordent bien —
Vit cette œuvre sublime, en fit une copie
Exquise, et, surprenant mon regard qui l'épie,
Très gracieusement chez moi vint l'oublier.
Et j'ai rimé ces vers pour le remercier.

Paul Verlaine

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M
Eh bien, quelle élégance, M. Lucky, dans son commentaire, comme vous dites. Distinction et tact parfaits… Admirable poème de Verlaine. Ce chef-d'œuvre de Michel Ange n'est pas mon préféré pour prier, mais c'est une magnifique œuvre d'art, et Michel Ange était extrêmement pieux, malgré son esprit tourmenté. Je préfère les crucifix peints de Toscane aux XIIIe-XIVe siècles, comme ceux de Cimabue, Giotto, Giunta Pisano etc.
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R
Je n'ai jamais vu un crucifix comme celui-ci il est merveilleux de réàlité.......Très très beau poème. Bisous bonne semaine
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L
Eh ben c'est la première fois que j'vois un Jésus à poil ! Alors faudrait savoir hein... un coup il est pudiquement couvert avec des espèces de hardes, un coup il est tout nu <br /> C'est un p'tit peu comme la vierge enceinte que j'ai vu à Cucugnan... y a de drôles de mystères dans la religion ! <br /> Bisous et bon après-midi
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É
Bonjour Chantal. C'est un très joli poème de Verlaine que je ne connaissais pas. Bonne journée et bisous
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Z
Il est très beau ce crucifix Livia. Merci pour ce magnifique poème de Versaile.<br /> Bises et bon début de semaine - Zaza
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