Par Liviaaugustae
Fontaine au creux de la verdure...
(image internet)
D'une fontaine
Cette fontaine est froide, et son eau doux-coulante,
A la couleur d'argent, semble parler d'Amour ;
Un herbage mollet reverdit tout autour,
Et les aunes font ombre à la chaleur brûlante.
Le feuillage obéit à Zéphyr qui l'évente,
Soupirant, amoureux, en ce plaisant séjour ;
Le soleil clair de flamme est au milieu du jour,
Et la terre se fend de l'ardeur violente.
Passant, par le travaille du long chemin lassé,
Brûlé de la chaleur et de la soif pressé,
Arrête en cette place où ton bonheur te mène ;
L'agréable repos ton corps délassera
L'ombrage et le vent frais ton ardeur chassera,
Et ta soif se perdra dans l'eau de la fontaine.
Philippe Desportes
Un mot sur le poète :
Philippe Desportes
(Médaillon provenant de son tombeau à Notre-Dame de Bonport en Normandie)
Philippe Desportes né à Chartres en 1546 et mort à l'abbaye Notre-Dame de Bonport le 5 octobre 1606, est un poète baroque français. Surnommé le « Tibulle français » pour la douceur et la facilité de ses vers, il fut abbé de Tiron, lecteur de la chambre du Roi et conseiller d'Etat.
D'une riche famille de négociants de Chartres, Philippe Desportes, entre dans les ordres après de solides études classiques. Il suit à Rome l'évêque du Puy, dont il est devenu le secrétaire : il y découvre la poésie de Pétrarque, qui influença profondément son œuvre.
A son retour en France en 1567, il gagne les bonnes grâce du duc d'Anjou, le futur Henri III, qu'il suit en Pologne. Lorsque celui-ci occupe le trône de France, il en reçoit plusieurs abbayes qui lui rapportent un confortable revenu. Le roi, préférant sa poésie à celle de Ronsard et de Du Bellay en fait son poète officiel.
Ses poèmes sont lus à la Cour et transmit en manuscrits, (c'est peut-être pour cela qu'ils sont arrivés jusqu'à nous) quelques -uns de ses poèmes paraissent en 1572, parmi les « Imitations de quelques chants » avec ceux de Ronsard, Jean Dorat et d'Etienne Pasquier.
Ses poésies, en partie galantes, en partie dévotes, eurent un grand succès : il y imite avec bonheur Clément Marot et les poètes italiens.
Nourri d'Homère et de Virgile, Desportes poussa cependant moins loin que Ronsard l'imitation de l'Antiquité. Il polit la langue, donna plus de soins à la régularité des rimes, à l'harmonie de la phrase […]
(image et texte wikipédia)
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