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Epicène : du grec epikoinos (possédé en commun), ce drôle d'adjectif sert à qualifier les mots dont la forme ne varie pas selon le genre (un, une enfant – un, une élève – un, une camarade...), mais aussi, et c'est là où cela se complique, un substantif qui désigne aussi bien le mâle que la femelle d'une espèce, et comme ce substantif peut être masculin ou féminin, les choses ne sont pas simples. Par exemple un couple de papillons n'est pas composé d'un papillon et d'une papillonne, mais de deux papillons... idem pour les fourmis, mot qui est toujours au féminin quel que soit le genre de l'insecte dont on parle.
Ainsi : la baleine, la belette, la carpe, la chouette, la grenouille et tant d'autres... sont des mots féminins.
Bref, les noms de centaines d'espèces animales n'ont qu'un genre, et si, pour le kangourou, on peut toujours aller vérifier dans la poche, dans le cas du rhinocéros, c'est beaucoup plus risqué !
Certains noms qui changent de genre changent de sens...
Exemple : le nom de la galette que vous dégustez en Bretagne et celui du tissus de votre robe viennent tous deux de l'ancien adjectif creps qui signifiait frisé, mais vous devez commander « une crêpe au sucre » et dire que « le crêpe de cette robe est ravissant »...
Quand au mot « auteur » le voilà devenu « auteure » alors qu'acteur est devenu « actrice » et « chanteur » étant « chanteuse » on peut vraiment se demander pourquoi on n'a pas choisi « auteuse » ou « autrice » ?
Ces mots, qui ne signifient plus du tout la même chose lorsqu'il passent du masculin au féminin sont très nombreux.
Ainsi vous ne devez pas confondre la carpe qui nage dans un étang et le carpe, rangée d'os de votre poignet. Ni le cartouche égyptien avec la cartouche que le chasseur met dans le canon de son fusil. Quand à la barbe qui orne le menton de certain, elle n'a rien à voir avec le barbe qui est un cheval de selle, comme une enseigne de commerce n'a rien à voir avec un enseigne de vaisseau qui est un officier de marine... Les mélomanes qui apprécient une aria de Bach doivent être attentifs et ne pas dire un aria, car le masculin un peu vieilli de ce mot signifie embarras, tracas ou ennui... Nous ne parlerons pas de la greffe d'une plante, et le greffe du tribunal, le geste de la main et la geste de Roland..
Alors il s'agit de ne pas se laisser prendre par ces noms qui se féminisent mais n'ont aucun rapport avec le masculin :
le carabin n'est pas le conjoint de la carabine
ni le capucin celui de la capucine
pas plus que le pèlerin celui de la pèlerine
et encore moins le camelot celui de la camelote
Sans oublier le chevalier et la chevalière
le jardinier et la jardinière
et le colombin et la colombine
ni le loup celui de la loupe...
Car
Le jour ou le carabin épousera sa carabine
Le mandarin sa mandarine
Le capucin sa capucine
Le pèlerin sa pèlerine et le camelot sa camelote
On sera sérieusement en droit de se poser des questions sur l'évolution des mœurs de notre pauvre pays !
Jean-Loup Chifflet
Je me pose des questions depuis un certain moment déjà, car voilà des décennies qu'on laisse filer toutes les absurdités que réclament les groupes de ceci ou de cela au détriment de la langue.
Et la fine équipe qui est au pouvoir aujourd'hui, n'a aucunement l'intention de remettre la voiture France sur ses rails, encore moins sa langue, nous avons donc du souci à nous faire pour la sauvegarde de cette dernière !
Livia