Par Liviaaugustae
Un sistre romain
Le sistre figure en bonne place dans l’orchestre biblique. Cet instrument bien particulier entrait dans la famille des percussions en raison des rondelles métalliques ou autres coques de fruit enfilées dans un cadre ovale ou en demi-cercle d’une vingtaine de centimètres. La plupart du temps, ces dernières –rondelles ou coques – étaient fabriquées en bronze afin d’être mieux entrechoquées par un mouvement rotatif et vif du poignet. Le son produit par ce curieux instrument était perçant et strident.
Le 2e livre de Samuel nous livre une évocation sommaire de cet étrange instrument : « David et toute la maison d’Israël dansaient devant le Seigneur, au son des instruments en bois de cyprès, cithares et harpes, des tambourins, des sistres et des cymbales ». Au regard de ce souvenir de liesse où figure l’un des rois majeurs d’Israël, il est aisé de comprendre que le sistre avait effectivement une place de choix parmi les instruments de musique des Hébreux, un instrument pourtant hérité, semble-t-il, de leurs anciens maîtres, les Égyptiens.
Néfertari représentée avec un sistre dans la main droite et une fleur de lotus dans la main gauche
C’est probablement d’Égypte, en effet, qu’est provenu le sistre. L’instrument aurait été selon la mythologie associé à la déesse Hathor dont il était un des attributs, puis à la déesse Isis. Les prêtres égyptiens avaient régulièrement recours à cet instrument pour les cérémonies et de nombreuses
Le sistre a connu un regain de notoriété au XIXe siècle dans la musique symphonique, mais de nos jours il a été supplanté par le tambourin. Le sistre, lorsqu'on le secoue promptement et sèchement, incite à la danse. La scansion au sistre, à l'instar du tambourin, est associée aux cérémonies religieuses accompagnées de transes et de transports extatiques, que cela soit pour évoquer le serpent à sonnette sacré Hathor de l'Égypte ancienne, pour les messes des Eglises pentecôtistes, les chansons et danses des Roms, les concerts de rock, ou pour donner du volume à un tutti dans une œuvre orchestrale. L'instrument est mentionné dans le poème Charleroi de Verlaine.
Les chrétiens coptes et les chrétiens d'Ethiopie utilisent toujours des sistres lors de l'office religieux.
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