Par Liviaaugustae
« Voici qu’une échelle était plantée en terre et que son sommet atteignait le ciel. Des anges de Dieu montaient et descendaient. »
(Genèse 28, 12.)
Nicolas Dipre, peintre provençal, a peint sur bois « le songe de Jacob », qui fut ultérieurement transposé sur toile. Nous sommes dans un défilé rocheux, baigné d’une lumière crue et étrange. Jacob, fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham, un homme mûr vêtu de blanc-bis de la tête aux pieds, chaussé d’élégantes bottes de même teinte, est endormi au pied d’un rocher dans la montagne de Béthel, son bâton de voyageur à la main.
Durant son sommeil, Dieu lui envoie une vision. Une échelle est dressée entre terre et ciel, cinq anges l’escaladent sous le regard du Père éternel qui apparaît à une fenêtre de nuages. Les anges sont vêtus à l’identique d’aubes blanches. Dipre n’a pas représenté ceux qui descendent. Ce songe signifie que Dieu « incline les cieux et descend » sur la terre en parlant aux patriarches puis aux prophètes et, quand l’heure sera venue, par la naissance du Christ. Cet épisode de la Genèse est une prophétie de l’Incarnation.
Benoît XVI en a fait un beau commentaire en expliquant que les anges qui descendent l’échelle figurent la Révélation à Abraham puis en celle de Jésus Christ. Et ceux qui montent symbolisent la prière des hommes vers Dieu. Pour les orthodoxes, l’échelle de Jacob préfigure en outre la Vierge Marie, Mère de Dieu. L’Hymne acathiste à la Mère de Dieu chante : »Réjouis-toi, Echelle en qui Dieu descend sur la terre/Réjouis-toi, Pont qui unit la terre au ciel.
Le songe de Jacob, par Nicolas Dipre (1495-1531)
(Musée du Petit Palais d’Avignon)
Jacob est endormi : de nombreuses visions dans l’Histoire sainte ont lieu pendant le sommeil, comme les songes de saint Joseph.
Les anges sont souvent représentés avec des ailes, car ils sont messagers de Dieu : le mot « ange » vient du grec angelos (messager).
Le Père Eternel, dans le paradis, bénit Jacob, sa future descendance et le monde entier. Il tient le globe du monde surmonté de la croix, avec les lignes schématisant les trois continents alors connus : Europe, Asie et Afrique, (l’Amérique était alors à peine découverte).
Marie-Gabrielle LEBLANC
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