Mes lectures au fil des jours pendant la rééducation de mon genou...
Comme je n'avais pas grand chose à faire entre les séances de Kiné, les repas et quelques rares petites émissions à la télé, j'ai beaucoup lu.
Hàng tente de gagner sa vie comme ouvrière dans une usine en URSS. Dans le train qui la conduit à Moscou, elle est appelée au chevet de son oncle malade, l’occasion pour elle d’une plongée dans un passé douloureux. L'oncle Chinh, membre zélé du Parti communiste, a été l'un des ardents serviteurs de la réforme agraire au Vietnam. La mère de Hàng, par piété fraternelle et par respect des traditions, n'a jamais osé s'opposer à son frère. Pas même quand il a obligé son mari, instituteur, à fuir le village, dédaignant la classe de sa famille, ces « ennemis mortels de la paysannerie ». Contrainte de s'installer à Hanoi et d'y élever seule sa fille, c'est elle qui subviendra aux besoins de Chinh, incapable de nourrir ses enfants avec sa maigre solde de fonctionnaire. Dans ce livre de jeunesse, Duong Thu Huong , en pointant à travers un drame familial, une tragédie collective, interroge déjà le paradis marxiste... celui de tous les aveuglements.
A vingt ans Duong Thu Huong, dirigeait une brigade de la jeunesse communiste envoyée au front pendant la guerre. Avocate des droits de l'homme et des réformes, elle n'a cessé, à travers ses livres de défendre vigoureusement ses convictions, pour être finalement exclue du parti communiste et emprisonnée sans procès. Aujourd'hui, elle vit à Paris, après des années de résidence surveillée à Hanoï. Après avoir été l'un des écrivains les plus populaires dans son pays ses livres sont aujourd'hui interdits dans son pays mais traduits dans le monde entier.
Des extraits qui m'ont enchantés par leur poésie :
«Mille odeurs nous parvenaient, odeur des fumées de paille, odeurs des écorces de fèves brûlant avec des écorces de paddy, odeurs des goyaves mûres dans les jardins... Tout se mêlait et s'évanouissait dans la lumière du couchant. Peu à peu le hameau devint silencieux, les bruits cessèrent les uns après les autres. Les bambous se balançaient sous la brise, répandant sur la terre le chant éternel de l'harmonie et de la paix. On percevait dans l'air la permanence indestructible de la nature. On pouvait la malmener : mais, comme l'eau des grands lacs, elle s'apaisait bien vite, dans le chant lancinant des crapauds et des insectes. »
«Il faisait clair dans la cour. Une senteur légère et fraîche de noix d'aréquier embaumait la nuit. Le merle de Mandanao carillonnait dans les buissons, là-bas à l'entrée du hameau.»
«Pâté blanc, pâté mixte, pâté en cylindre creux, nems et viande cuite ; cinq bols de soupe aux asperges, soupe aux cheveux d'ange, poulet mariné aux graines de lotus, soupe aux légumes et poulet au curry... Pour le dessert de midi, une bouillie aux graines de haricots verts. Pour celui du soir, quelques marmites de riz gluant au momordique. »
Si j'allais là-bas, j'aurai la ligne car je ne pourrai rien avalé de tous ces mets préparés pour la grande fête du Têt ! Sans compter les insectes grillés et les nids d'hirondelles... Livia)
Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu'elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d'une période sans équivalent dans l'histoire, où la France tout entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches... Et quelques hommes de bonne volonté.
Il fallait toute la verve et la générosité d'un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d'un peuple broyé par les circonstances. Puissance du récit, rebondissements, burlesque et tragique... Le talent de Pierre Lemaître est ici à son sommet.
Ce livre fait suite au deux précédent qui narraient la guerre de 14-18, ici nous assistons à la débâcle française de 39-40 et à la couardise des dirigeants français de l'époque.
C'est toujours quand tout va très mal que les hommes se souviennent de l'existence de Dieu et se tournent vers le ciel, comme le démontre le passage ci-dessous ! Livia
Extrait du livre de Pierre Lemaître, Miroir de nos pensées. :
« Sa brigade mobile avait été convoquée pour assurer le service d'ordre sur le parvis de Notre-Dame. Une foule grave et serrée jusque sur les ponts de la Seine, semblait attendre le Messie. A la place de quoi on vit le vicaire capitulaire de Paris en chape d'or, mitre sur la tête et crosse en main, accueillir le président du Conseil, les ambassadeurs, les ministres d'Etat et M. Daladier. Fernand trouvait déjà surprenant de voir ces responsables politiques, radicaux, socialistes, francs-maçons, venir en délégation à Notre-Dame prier un Dieu auquel ils ne croyaient pas...
En voyant là le gratin de l'état-major, le maréchal Pétzin, le général de" Castelnau, le général Gouraud, etc... il s'était demandé si, en période d'invasion du pays par l'ennemi héréditaire, si ces gars-là n'avaient rien de mieux à faire que de venir prendre un petit bout de messe.
La messe fut interminable. Fernand s'interrogeait pendant ce temps, combien de kilomètres ont pu franchir les Panzerdivisionen du général Guderian ? »
Trahir l'amour d'un enfant comporte de grands risques...
À la mort de son mari, Jo n'a d'autre choix que revenir s'installer avec sa fille Ruby à Lake Hall, l'austère manoir familial où vit toujours sa mère, aristocrate arrogante et froide. À peine arrivée, Jo reçoit une visite des plus étranges : celle de Hannah, la nanny qui s'occupait d'elle enfant, et dont le départ aussi subit qu'inexpliqué l'avait dévastée. Folle de joie, Jo n'hésite pas à lui proposer immédiatement de reprendre sa place parmi elles, et à lui confier sa propre fille.
Mais très vite, plusieurs détails sonnent faux. Que s'est-il vraiment passé trente ans plutôt ?
Et cela a-t-il un rapport avec le crâne humain tout juste retrouvé dans le lac du domaine ?
Un polar qui tient en halène de la première à la dernière page, un suspens plein de rebondissements...
Avec en plus quelques polards empruntés à la bibliothèque pour tous qui passait le lundi...