Par Liviaaugustae
« Le poème est une grappe d'images »
Gaston Bachelard
Les Cariatides - Athènes – Acropole
(Image wikipédia)
Les Cariatides
C'est un palais du dieu, tout rempli de sa gloire.
Cariatides sœurs des figures d'ivoire
Portent le monument qui monte à l(éther bleu,
Fier comme le témoin d'une immortelle histoire.
Quoique l'archer Soleil avec ses traits de feu
Morde leurs seins polis et vise à leurs prunelles,
Elles ne baissent pas les regards pour si peu.
Même le lourd amas des pierres solennelles
Sous lesquelles Atlas plierait comme un roseau,
Ne courbera jamais leurs têtes fraternelles.
Car elles savent bien que le mâle ciseau
Qui fouilla sur leurs fronts l'architrave et les frises
N'en chassera jamais le Zéphyr et l'oiseau.
Hirondelles du ciel, sans peur d'être surprises
Vous pouvez faire un nid dans notre acanthe en fleur ;
Vous n'y casserez pas votre aile, tièdes brises.
O filles de Paros, le sage ciseleur
Qui sur ces médaillons a mis les traits d'Hélène
Fuit le guerrier sanglant et le lâche oiseleur.
Bravez même l'orage avec son âpre haleine
Sans craindre le fardeau qui pèse à votre front,
Car vous ne porterez pas l'injustice et la haine.
Sous vos portiques fiers, dont jamais nul affront
Ne fera tressaillir les radieuses lignes,
Les héros et les Dieux de l'amour passeront.
Les voyez-vous, les uns avec les folles vignes
Dans les cheveux, ceux-là tenant contre leur sein
La lyre qui s'accorde au chant des hommes-cygnes ? […]
Théodore de Banville
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