POUR LE TABLEAU DU SAMEDI
Tout à commencé dans les années 1892-1894, Claude Monet s’installe à Rouen et invente la sérialité en peinture : plus de trente toiles de la façade de la cathédrale, à toutes les heures du jour et par tous les temps : au petit matin en bleu ombré de brouillard, à l’aube blême, à l’aurore rosissante,, en plein soleil, au crépuscule rougeoyant, par temps de pluie… L’idée de l’exposition « Cathédrales 1789-1814, un mythe moderne », trouve son origine dans cette série impressionniste. En cette année de centenaire de la Grande Guerre, Cologne et Rouen, deux villes qui possèdent chacune une cathédrale gothique prestigieuse et un musée d’égale importance, l’ont conçue ensemble. Une façon de célébrer la réconciliation franco-allemande, puisque la cathédrale de Reims fut bombardée par les allemands en 1914, et celle de Cologne par les français en 1945.
Cent quatre-vingts chefs-d’œuvre de Monet à Chagall, de Corot à Rodin, de Friedrich à Sisley.
Outre les œuvres provenant de Rouen et Cologne, on peut découvrir les trésors prêtées par les musées de Londres, de Munich, Leipzig, New-York, Chicago, Zurich et Stockholm. Deux musées parisiens, les Arts décoratifs et Orsay, ont été particulièrement généreux.
Vous pourrez voir cette exposition jusqu’à fin août à Rouen, l’exposition rejoindra ensuite Cologne du 26 septembre 2014 au 18 janvier 2015.

Anges voyageurs de Gustave Moreau (1826-1898)
Chef de file du symbolisme français, G. Moreau, a peint plusieurs toiles et gouaches sur ce thème. Un ange gardien se repose sur une des tours de Notre-Dame avant de repartir pour sa mission. Très loin, la Seine déroule ses méandres sous ses ponts.

Intérieur de la cathédrale de Chartres.
Cette aquarelle (1832) de James Roberts montre les voûtes du déambulatoire et la clôture du chœur sculptée au début du XVIe siècle, ainsi que les pieuses personnes assistant à une messe de semaine.

Lumière, panneau central d’un triptyque (1910) d’auguste Morizot. Ce peintre décorateur Art Nouveau revint au catholicisme lors d’un Noël au Venezuela, puis lors d’un séjour à Rome. Pour lui, l’art participe de la rédemption de l’homme.
Cette baie gothique est baignée d’une lumière mystique et surnaturelle.
La cathédrale de Salisbury peint par John Constable en 1825, tableau célébrissime en Angleterre. Le paysage paisible et idyllique, dominé par la silhouette tutélaire du haut clocher gothique, a inspiré d’innombrables auteurs anglais de cartes de vœux de Noël. Ou de Pâques.
La Tonnelle de jardin par Caspar David Friedrich (1818).
Un couple, en costumes de la Renaissance, tournant le dos au spectateur et, depuis une tonnelle de verdure, contemple la cathédrale gothique de Saint-Nicolas de Greifswald. Cette ville au nord de l’Allemagne, se signale par la hauteur de sa cathédrale, visible à des kilomètres à la ronde.
La Cathédrale de Rouen, le portail vu de face, harmonie brune.
Il s’agit de la première (1892) des trente toiles de la série de Monet. Ce n’est ni la plus chatoyante ni la plus séduisante mais, pour le peintre impressionniste, c’est le point de départ d’un travail sur la cathédrale, qu’il déclinera ensuite en rose, en orange, gris, jaune d’or, rouge flamboyant, violet et sous d’autres angles.
Marie-Gabrielle LEBLANC
Je trouve ces œuvres époustouflantes, elles sont toutes baignées, comme le souligne Madame Leblanc, par une lumière mystique presqu’irréelle, ou alors flottent entre ciel et terre, dans un joli cadre de verdure.
Si j’habitais près de Rouen, je me précipiterai à cette exposition.
Liviaaugustae