Les délires de la mode ont sévi depuis le Moyen-Âge, jusqu'à nos jours.
Avec Agnès Sorel, la femme se baladait un nichon à l'air (mais comment faisait-elle en hiver, elles devait geler ?), elle se rasait les cheveux jusqu'au milieu du crâne avec des produits plus ou moins désagréables, après la mode a imposé aux femmes le « corps à baleine » qui fut intronisé par Catherine de Médicis...
Le top du top d'aujourd'hui :
Les femmes « libérées » ont laissé tomber les falbalas, pour se balader dans les rues avec des pantalons en guenilles, (je n'oserai même pas les porter chez moi), les seins presque à l'air sous des chemisiers largement ouverts, des jupettes (on dirait qu'elles les ont empruntées à leur petites sœurs), des tennis ou mieux des godillots avachis complétant la panoplie in !
Barbus, chevelus et couverts de poils, les hommes ne sont pas en reste et suivent aussi la mode du moment, ils portent d'ailleurs à peu près les mêmes tenues guenilleuses que les femmes...
Livia
Les canons de la beauté au Moyen-Âge.
La Vierge allaitant en manteau d'hermine représentée par Agnès Sorel
Au Moyen-Âge, le front «fenestric »c'est très chic ! Cette mode consiste à s'épiler le visage très haut, au-delaà de l'implantation de la chevelure, pour mettre en valeur son front : reluisant, il doit il doit être ouvert comme une fenêtre. La recette ?
Brûler ses poils par des mixtures de chaux vive et de fientes d'oiseau. (cela devait fleurer bon, beurk !)
Exit le sourcil épais de l'Antiquité qui protégeaient les yeux des poussières et des infections !
Pour empêcher la repousse, appliquez du sang de chauve-souris ou du suc de ciguë. (Re Beurk !)
Le canon de beauté de l'époque a les traits d'Agnès Sorel, favorite de Charles VII : c'est une jeune fille blonde aux sourcils « voutis » (minces) et au nez « traitis » (régulier et fin).
[…] Son art de vivre et ses extravagances rejettent la reine dans l’ombre. Les voiles et autres guimpes sont abandonnés. Elle invente le décolleté épaules nues, qualifié de « ribaudise et dissolution » par quelques chroniqueurs de l’époque. De vertigineuses pyramides surmontent sa coiffure. Des traînes allant jusqu’à huit mètres de long allongent ses robes bordées de fourrures précieuses : martre ou zibeline. Elle met à la mode chemises en toile fine, colliers de perles. Elle traite sa peau avec des onguents faisant office de peeling, une crème contre les rides tous les matins et des masques au miel pour la nuit. Elle se maquille avec un fard à base de farine et d'os de seiche pilés qui lui donne un teint d'albâtre très prisé à l'époque, se met du rouge à lèvres à base de pétales de coquelicots, ce qui est condamné par les prédicateurs du Moyen Âge. Elle se fait épiler les sourcils et les cheveux sur le haut du front, ce dernier étant devenu le pôle érotique du corps de la femme à cette époque. Il ne s'agit pas de la « mode florentine » pour se donner un front plus bombé, mais pour équilibrer ses traits car elle a de très grands yeux disproportionnés par rapport à son visage. Rien qu’en 1444, le roi lui offre vingt mille six cents écus de bijoux dont des diamants taillés dont elle est la première à parer sa coiffure si l'on en croit les chroniqueurs de l'époque.
Pour se procurer ces atours précieux, elle devient la meilleure cliente de Jacques Cœur, marchand international (qui importe du Levant des étoffes de luxe inédites en Europe en contrevenant aux prescriptions de l'Église) et grand argentier du roi, qui a amassé des trésors dans son palais de Bourges. Elle consomme de grandes quantités d'étoffes précieuses et toutes les femmes de la cour l’imitent. [...]
Quand à ce corps à baleines, porté par les femmes impulsé par la reine Catherine de Médicis, c'était un véritable instrument de torture, les femmes tombaient souvent en pâmoison, certaines avaient même des côtes cassées , mais obéissant comme toujours aux canons de la mode du moment les femmes s'y sont soumises !
Le corps à baleine de nos ancêtres
Un instrument de torture !
Médecins et philosophes furent légion à le blâmer : Trop serré, il provoque syncopes, vapeurs, « quelques fois à en mourir » s'insurge Montaigne.
Ancêtre du corset, porté au dessus de la chemise, le corps à baleine, carcan rigide en fanons de baleine, puis en métal, naît à la cour de Catherine de Médicis au siècle suivant, où il accentue la silhouette en triangle, le nec plus ultra.
Le corps à baleine cadenasse le buste des femmes, même enceintes, des religieuses et des enfants, car ils ont les os mous dit-on.
Et se révèle un terrible instrument de torture, entraînant problèmes respiratoires, côtes déplacées, descentes d’organes, etc…
A la Renaissance, les dames distinguées se doivent d'arborer une taille fine. Le corset apparaît à la cour d’Espagne, qui dicte la mode au XVIe siècle. Renforcé de métal, de bois, d’ivoire ou de fanons de baleine, il est serré à l’extrême.
Jusqu’en 1850, les femmes ne portent rien sous leur jupe. La culotte, sorte de pantalon qui s’arrête aux genoux, est réservée aux hommes nobles et bourgeois (contrairement aux « sans-culottes »). Ce vêtement qui dévoile les jambes est jugé impudique pour les femmes.
Importée d’Angleterre où on l’utilise en gymnastique (il faut cacher les fesses lors des chutes), la culotte ne s’installe sous l’habit qu’au XVIe siècle. Elle est longue et fendue entre les jambes.
Cependant Catherine de Médicis bien avant avait introduit le caleçon à la cour pour pouvoir monter à cheval.
Au XVIIIe, Marie-Antoinette s’émancipe du corset, mais pas de la lingerie. Bas, jupons, chemises...
Mais peut-on blâmer les femmes d'autrefois, quand on voit celles d'aujourd'hui, se soumettre encore toujours aux codes imbéciles de la mode ?