Toutes les douceurs que nous dégustons, nous viennent du passé, et puisent leurs origines dans l'actualité de chaque époque... Avec beaucoup d'humour, Muriel Gilbert nous en nous offre un bouquet !
Réalisation des douceurs...
(image internet)
Par exemple, selon la tradition, si les croissants ont cette forme, c’est pour rappeler le croissant du drapeau ottoman, et "si c’est aux boulangers que fut accordé le privilège de modeler ce symbole en pâte, c’est que, devant se lever de bonne heure, ce sont eux qui ont donné l’alerte, au moment où l’armée ottomane s’apprêtait à déferler sur la ville" de Vienne.
Bien sûr, il existe quantité de douceurs d’origine française. Tenez, le saint-honoré, cette couronne de choux caramélisés, est un gâteau bien parisien, créé en 1846 par un pâtissier de la rue... Saint-Honoré, évidemment!
J’aime aussi beaucoup l’histoire du Paris-Brest. C’est un pâtissier de Maisons-Lafitte, Louis Durand qui a inventé cet éclair en forme de roue de vélo en 1891, pour célébrer le passage de la course cycliste Paris-Brest devant son magasin. Et l'authentique Paris-Brest est toujours fabriqué dans la pâtisserie Durand à Maison-Lafitte, où Stéphane, l’arrière-petit-fils de Louis, reproduit exactement la recette originale et garde jalousement le secret de son pralin qui fait la différence avec tous les autres Paris-Brest puisque ce gâteau est devenu national.
Trois ans plus tard, le célèbre cuisinier Escofier créait la délicieuse pêche melba. Il était tombé sous le charme de la voix de la cantatrice Nellie Melba, et il a décidé de lui dédier ce délice glacé. Quelques années plus tôt, ce mélomane gourmand avait déjà créé la poire Belle-Hélène, en hommage à l’opérette d’Offenbach du même nom.
Et les profiteroles? Glace vanille, petit chou, chocolat fondu... Les profiteroles étaient au XVIe siècle littéralement de "petits profits", des boulettes de pâte cuites sous la cendre qu’on offrait parfois aux domestiques en complément de leurs gages. Le dessert du même nom est la création d’un autre grand pâtissier, Antonin Carême, au début du XIXe siècle.
Et pour finir, avec le café, madame, monsieur, un petit mendiant au chocolat? Celui-là aussi a un nom d’origine surprenante. Ce palet de chocolat surmonté de quatre fruits secs s’appelle "mendiant " par allusion à la couleur de l’habit des quatre grands ordres mendiants: le raisin sec pour la couleur des augustins, la noisette pour les carmes, la figue sèche pour les franciscains et l’amande pour les dominicains. Amis des mots sucrés, bon appétit!
Muriel Gilbert