Voulez-vous vous faire une toile ?
(image pixabay)
Depuis longtemps, le cinéma français ne peut s’empêcher de mettre un pied à l’église. De nombreux scénarii ont ainsi mis au cœur de leur intrigue certaines églises, souvent de façon comique. Les églises anciennes ont l’avantage de ne pas trop se transformer dans le temps et d’être ainsi indispensables aux films historiques. Elles sont aussi les symboles universels de nos sociétés occidentales, majoritairement de culture chrétienne. De Don Camillo aux comédies de Louis de Funès, où se trouvent ces églises grâce auxquelles nous avons pu tant rire ou frissonner ?
Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky (1963) est, à n’en pas douter, l’un des films où l’on recense le plus grand nombre d’églises : en effet, l’intrigue a pour sujet des troncs d’église détroussés par un aristocrate désargenté, joué par Bourvil, qui rechigne à travailler. Tournée à Paris, cette comédie a pour décors les églises Saint-Nicolas-des-Champs (Paris 3e), Notre-Dame-de-la-Croix (Paris 20e), Saint-Étienne-du-Mont, place sainte Geneviève (Paris 5e), Saint-Leu-Saint-Gilles (Paris 1er), Saint-Jean-Bosco (Paris 20e), Saint-Vincent-de-Paul (Paris 10e) et Saint-Bernard-de-la-Chapelle (Paris 18e), dans lesquelles se passent de nombreuses scènes d’intérieur. Pour les prises de vue extérieures, l’on peut reconnaître les églises Saint-Lambert de Vaugirard (Paris 15e), Saint-Ambroise (Paris 11e), Saint-Germain-de-Charonne (Paris 20e), Saint-Médard (Paris 5e) et celle de la Trinité (Paris 9e). (Je n'ai pas vu ce drôle de paroissien – Livia)
Les Visiteurs, de Jean-Marie Poiré (1993), avait attiré près de quatorze millions de spectateurs et fut nommé huit fois aux César. Cette comédie culte du cinéma français ne pouvait faire abstraction des églises puisqu’elle se situe en l’an 1123, avant que Godefroy le Hardi et Jacquouille la Fripouille ne se retrouvent propulsés en 1993. Quand Godefroy de Montmirail demande asile dans une église, il s’agit de l’église Saint-Martin de Thoiry, dans les Yvelines. Les obsèques du duc de Pouille, le père de Frénégonde, ont lieu à l’abbaye royale de Chaalis, qui se situe à 40 km de Paris et dont la chapelle est surnommée la “Sixtine de France”. (Ce film aux gags très lourds m'avait beaucoup déplu, je n'ai même pas souri et j'ai eu envie de sortir de la salle– Livia)
Les Tontons flingueurs, de Georges Lautner (1963), symbole d’une époque, film chéri des Français et indétrônable dans leur mémoire grâce aux joutes de Bernard Blier, Lino Ventura et Claude Rich, a lui aussi sa scène dans une église. Il s’agit de celle du mariage, en l’église Saint-Germain-de-Charonne (Paris 20e). (J'adore ce film que je possède dans ma vidéothèque et que je regarde de temps en temps pour sourire, les dialogues de Michel Audiard sont délicieux – Livia)
La saga Don Camillo, de Julien Duvivier (1952-1970), avec Fernandel comme personnage principal, a rendu célèbre une petite église de l’Italie du Nord. Les six épisodes se sont inspirés de l’œuvre romanesque de l’italien Giovannino Guareschi commencée en 1948. Don Camillo, curé anticonformiste, affronte les humeurs du maire communiste Peppone. Au milieu de leurs querelles, l’église Santa Maria Nascente, située à Brescello. Elle est aujourd’hui, grâce au film, un lieu touristique prisé des Italiens et de quelques Français. (Je trouve que ces films sont de petits chefs œuvres, que je ne me lasse pas de revoir - Livia)
Les films de « Louis de Funès » ont aussi leur lot de scènes cultes avec des églises. Ainsi du Petit Baigneur (1967) de Robert Dhéry, où Louis de Funès, patron peu fervent, assiste à l’homélie (à la fois ennuyeuse et drôle) de l’abbé Castagnier, curé de la paroisse qu’il surnomme « Notre-Dame-des-Courants-d’air ». Il s’agit de l’église Saint-Laurent de Magalas, un village sis aux abords de Béziers. (J'ai vu ce film il y a longtemps c'est un peu rasoir les gags sont eux aussi très lourds - Livia)
Dans Les aventures de Rabbi Jacob (1973) de Gérard Oury, la scène de mariage devant l’église au début du film se trouve dans la commune de Montjavoult (Oise). (C'est un film qui ne m'avait pas plu à sa sortie, mais dans le désert actuel du cinéma moderne, il peut se revoir - Livia)
Enfin, la scène de la quête dans L’Avare (1980), de Jean Girault et Louis de Funès lui-même, a été tournée en la cathédrale de Senlis. Louis de Funès, dans le rôle d’Harpagon, s’échappe discrètement de la messe pour échapper à la quête, poursuivi par la dame qui s’en charge. (Pas trop aimé celui-là non plus – Livia)