Mardi 24 mai 2022
Aujourd'hui c'est la fête de saint Donatien et saint Rogatien appelés « Les enfants Nantais »
Saint Donatien-Rogatien
(Bas-relief rue de la Bairillerie à Nantes)
On est le 24 mai 287 ou 288. Selon la tradition nantaise, le lieu de leur supplice correspond à l’actuel numéro 63 de la rue Dufour. Très vite devenue lieu de pèlerinage, leur tombe sera recouverte par la basilique des Saints Donatien et Rogatien, reconstruite à plusieurs reprises et qui conserve quelques reliques des martyrs, bien que leurs châsses, transférées à la cathédrale Saint-Pierre, aient disparu avec leur contenu pendant la Terreur. Un temps éclipsé, la popularité des « enfants nantais » a retrouvé son éclat lorsque, en janvier 1871, leur intercession a protégé Nantes de l’invasion allemande.
[…] Nantes, la cité des Namnètes, est déjà au tout début du IVe siècle une ville commerçante d’une certaine importance qui contrôle l’estuaire de la Loire et donc une partie du trafic maritime avec l’Atlantique. C’est aussi, depuis un certain temps déjà, le siège d’un évêché fondé par un missionnaire du nom de Clair. Ce siège épiscopal ne remonte peut-être pas aux temps apostoliques, comme le raconte la Tradition, mais il est ancien. Son troisième titulaire, contemporain des événements, se nomme Similien. […]
[...]L’Armorique, notre Bretagne, représente, quant à elle, un cas tout à fait particulier car, dans les années 280-290, elle est l’une des dernières régions de l’Empire où le christianisme n’ait pas pénétré, sinon peut-être dans quelques grandes villes telles Condate (Rennes) ou Gesocribate (Brest). Encore n’est-ce pas très assuré. La raison en est simple. Au milieu du IIIe siècle, exaspérés du poids ahurissant de la fiscalité impériale, et de la totale incapacité des autorités romaines à protéger la Gaule contre les raids germaniques qui la dévastent tous les étés, les Gaulois se sont révoltés et ils ont même réussi à chasser les Romains. Pendant quelques années, un gouvernement autonome gaulois, des empereurs, et une impératrice, Victorina, ont géré le pays en toute indépendance. Quoique païens, ces souverains ont pris les communautés chrétiennes des Gaules sous leur protection, du seul fait que « l’occupant » les persécutait, leur valant quelques années de tranquillité. Quelques années seulement car l’expérience n’a pas duré et Rome est revenue en force, sans toutefois, faute de troupes en suffisance, parvenir à rétablir l’ordre complètement. […]
Est-ce, inspirée de cet épisode de l'Histoire de la Bretagne qu'est née la petite histoire d'Astérix et Obélix ?
Je n'en sais rien je l'avoue.
Livia