La tête d'une fourmi vue au microscope...
(image internet)
C'était une nuit noire, la lune avait été avalée par de gros nuages, le vent courait la campagne en hurlant et faisait craquer les branches du marronnier, je m'inquiétais pour le jardin qui allait être demain dans un triste état.
J'avais le moral en berne un peu comme les branches du saule pleureur, il s'effilochait à mesure que le tic tac de l'horloge marquait le temps ; les heures poussaient les minutes qui se heurtaient aux secondes de ce temps qui n'en finissait pas...tandis que, blottie dans mon fauteuil, j'essayais en vain de me réchauffer les mains contre ma tasse de tisane.
Finalement la fatigue de cette journée qui avait été assez trépidante eut raison de moi et je m'assoupis.
Un bruit de moteur puissant supplanta celui du vent, une grande lumière inonda le jardin, on y voyait comme en plein jour, qu'est-ce que ce la signifiait ?
J'allais à la fenêtre encore engourdie de sommeil, ma nuque me lançait, j'avais sans doute choper un torticolis, mais j'oubliais très vite mes petits bobos, ce que je voyais était stupéfiant !
Je suis habituellement d'une nature méfiante et surtout très cartésienne, jamais au paravent je n'avais prêté de crédit aux extra terrestres et les films qui relataient leurs aventures, me rasaient copieusement, mais ce soir tout basculait !
Je ne pouvais détacher mes yeux de cette énorme machine qui avait atterrit dans le pré des voisins, un vaisseau de la hauteur d'un immeuble reposait là-bas, le bruit du moteur stoppa net, j'attendis encore, je me frottais les yeux, mais ce que je voyais était un vrai cauchemar, une gigantesque soucoupe volante venue de je ne sais où était arrivée sur la terre, là, dans le près des voisins !
Avec angoisse, je me demandais ce qui allait sortir de ce mastodonte et ce que ces créatures nous voulaient, les images des films que je n'avais regardé que d'un œil distrait et amusé, me revenaient en boucle, en général lorsque ces créatures (E.T. mis à part) se déplaçaient c'était dans un but de conquête. Allaient-ils nous détruire sans même descendre de leur engin ?
Mais, rien ne bougeait, ils étaient peut-être tous morts ?
J'attendis longtemps figée devant ma fenêtre, je remarquais que le vent s'était calmé, était-ce le déplacement d'air de ce vaisseau de Mars, de Vénus ou de la lune qui avait engendré la tempête ?
Pour l'heure, la campagne baignait dans une lumière fluorescente qui était du au resplendissement de l'engin qui ne bougeait toujours pas.
L'horloge sonna minuit et je sursautais, je ne voulais pas me coucher ni dormir, il fallait que je reste vigilante car je voulais pouvoir me sauver si cela était nécessaire.
Alors brusquement les lumières du vaisseau s'éteignirent, un silence d'outre-tombe retomba sur la campagne que la nuit recouvrit, tout était d'un noir d'encre et je ne distinguais plus rien, mon cœur cognait dans ma poitrine comme si j'avais couru, le moindre petit craquement, le moindre frôlement m'effrayait.
Alors quand une bûche, à grand fracas tomba dans la cheminée suivie d'une gerbe d'étincelles, j'eus envie de hurler, cependant qu'au dehors, tout restait calme, trop calme, un peu comme avant une tempête...
Et puis je le vis ! Effrayant ! tout bleu, hideux, immobile derrière la vitre de la baie, il me fixait !
Quand je me réveillais, un rayon de soleil me caressait la joue, tout était calme, tranquille, un coq chanta, c'est alors que les souvenirs de la nuit affluèrent et la peur revint m'enserrant dans ces griffes, et sans bruit j'allais à pas de loup vers la fenêtre.
La campagne lavée par la pluie de la veille étincelait sous un beau ciel bleu irradié de soleil, deux pies sautillaient sur le gazon et dans le pré là-bas...il n'y avait que quelques vaches qui broutaient paisiblement.
Livia