Art, philosophie, sciences, littérature, politique…
Un vent de liberté souffle sur la condition féminine dans les années 1780, et plus généralement au XVIIIe siècle.
A propos de l’Ancien Régime, Madame Vigée-Lebrun écrivit : « Les femmes régnaient alors, la Révolution les a détrônées. »
Au XIXe siècle, c’est bien un monde d’homme qui s’installe, tant en politique que dans les arts.
Marie-Anne-Pierrette Paulze et Antoine-Laurent de Lavoisier, par David (1788)
Dans ce double portrait, l’épouse et collaboratrice du célèbre chimiste, occupe pour l’occasion une place aussi importante que son mari.
(Ils furent tous deux guillotinés, la révolution prétendit n’avoir pas besoin de savants et d’artistes)
Le siècle des Lumières a permis aux femmes de s’affirmer. Le recul de l’illettrisme a bénéficié aux filles plus qu’aux garçons. L’éducation féminine a été mise à l’ordre du jour. L’écriture est utilisée à des fins pratiques : les femmes d’artisans notent les commandes et tiennent les stocks ; les mères de famille recopient des recettes de cuisine ou des remèdes, se développe aussi la correspondance privée.
La jeune enseignante par Chardin (vers 1735-1736)
La liseuse par J. Raoux (1er moitié du XVIIIe siècle)
Les autoportraits d’Elisabeth Vigée-Lebrun la montre jouant d’un côté avec les conventions de la représentation masculine (à son chevalet, en train de peindre, elle affirme ses compétences professionnelles)
Autoportrait, Elisabeth Vigée-Lebrun (1790)
De l’autre illustrant, lorsqu’elle étreint sa fille Julie, l’essor de la sensibilité de son temps.
Sur le modèle de la Vierge à l’Enfant, Elisabeth Vigée-Lebrun pose avec sa fille Julie (1786)
Elle s’affirme ainsi dans son double rôle assumé de mère et d’artiste.
La duchesse du Maine par François de Troy
Les salonnières à la pointe comme la Duchesse du Maine qui a créé les grandes nuits de Sceaux, ont bénéficié de contextes particuliers pour se cultiver, faire éclore leurs talents ou jouer un rôle politique en coulisse.
L’institution de salon, qui connaît en France sa période de gloire au XVIIIe siècle, permet, à l’occasion de réunions régulières, des rencontres entre les deux sexes et d’origines diverses. Sans déroger à son rang, une Dame de haute lignée comme la Duchesse Du Maine, peut recevoir un artiste ou un homme de lettres qui, est vu comme appartenant à une aristocratie des talents. Cette ouverture va dans le sens de la vulgarisation des savoirs, essentielles pour le mouvement des Lumières.
Olympe de Gouges, féministe révolutionnaire,
(Portrait anonyme du XIXe siècle, les portraits faits au XVIIIe ayant été détruits à la révolution)
Elle fut une Républicaine convaincue mais offre ses services pour défendre le Roi Louis XVI au moment de son procès. Elle affirme qu’une femme doit pouvoir participer à égalité avec les hommes aux débats politique et sociaux. Sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, modelée sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, est dédiée à Marie-Antoinette et réclame l’extension aux femmes reconnues aux sexes dit fort. Le texte fut refusé par la Convention et Olympe de Gouges monta à l’échafaud en novembre 1793.
L’importance historique de son texte est reconnut de nos jours.
Par l’exemple de ces femmes, on se rend compte combien leur rôle était grand et reconnu sous la royauté, et tout fut défait par ces messieurs révolutionnaires !
C’était donc bien mieux avant !
Liviaaugustae