Par Liviaaugustae
« Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint ! »
Psaume 102
La mort du juste et du pécheur.
Le monastère orthodoxe de Voronet en Bucovine, au nord-est de la Roumanie, est le plus célèbre des fameux monastères ornés de fresques extérieures. On le surnomme « la chapelle Sixtine de l’Orient. La mort du juste et du pécheur est la partie inférieure de la grande fresque du Jugement dernier, sur la façade ouest de l’église Saint-Georges (1488).
Le juste, un adolescent allongé sur le rocher, est veillé par son ange gardien. Il s’abandonne à Dieu avec confiance et repose en paix, les bras croisés, car c’est la fin du combat spirituel. Riche ou pauvre dans sa vie, il renonce aux biens matériels et meurt sur la roche nue, vêtu d’une simple tunique. Il est « pauvre en esprit ».
Le roi David en personne l’assiste en cet instant et joue du luth en chantant les psaumes dont il est l’auteur, et qu’on psalmodie au chevet des mourants.
Tout autre est la mort du pécheur : il est dans un lit douillet, avec un moelleux édredon rouge à losanges, dont le film L’Ile s’est inspiré (symbole d’un confort excessif qui mène insidieusement au péché).
Son ange gardien ne peut le sauver des diables qui attendent pour l’emporter en enfer. Ils brandissent un écriteau qui dit : « Nous t’emmenons, car tu as bien écouté ce que nous t’avons dit dans l’oreille gauche »… Il a vécu dans l’opulence sans jamais partager avec les pauvres.
Cette allégorie est habituelle dans les représentations orthodoxes du Jugement dernier.
Le roi David joue au chevet du juste en chantant les psaumes de l’agonie. Il est un des justes de l’Ancien Testament et porte donc une auréole.
Le juste rend son âme à Dieu : son ange gardien cueille avec sollicitude son âme qui sort de sa bouche comme un tout petit fantôme blanc, et l’asperge d’eau bénite de la main droite avec un rameau.
Le beau film L’Ile, qui traite de la sainteté, des miracles, du péché, du pardon, s’est inspiré de l’édredon rouge de Voronet : le Père Anatoli brûle l’édredon rouge auquel son supérieur est trop attaché, ainsi qu’à son confort.
Marie-Gabrielle Leblanc
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog



