CHRONIQUE D’UNE MORT DECIDEE !
L’Eglise de Gesté est démolie contre l’avis de la justice et des bâtiments de France. Récit d’un acharnement du conseil municipal à détruire un édifice religieux.
« Hélas ! on voit que de tout temps
Les petits ont pâtit des sottises des grands »,
écrivait Jean de La Fontaine dans sa fable les Deux Taureaux et Une grenouille. Les petits sont ici les fidèles du village de Gesté, commune de 2600 âmes dans le Maine-et-Loire. Impuissants ils assistent, le 19 juin, à la destruction de leur Eglise jugée « trop grande et sans intérêt historique », selon le maire socialiste Jean-Pierre Léger.
Une grande mâchoire d’acier taille dans l’édifice néogothique. Le mur de la nef est éventré.
« J’ai été baptisé dans cette Eglise, j’y ai été enfant de chœur, je m’y suis marié », raconte un habitant. Il n’en revient pas de la « façon sournoise » dont les élus, avec la complicité du préfet et du sous-préfet, ont procédé.
Rappel des faits. En 1995, alors que la loi de 1905 oblige les communes à maintenir les édifices religieux hors d’eau, la mairie résilie le contrat annuel d’entretien de l’Eglise. Constatant sa dégradation au cours des années suivantes, le conseil municipal vote sa démolition, en février 2007. Une association est crée, Mémoire vivante du patrimoine Gestois (MVPG), et dépose un recours auprès du tribunal administratif de Nantes. Elle est déboutée dans un premier temps avant d’obtenir gain de cause en appel : le tribunal pointe une erreur d’appréciation manifeste de la mairie et considère que l’Eglise « présente un intérêt architectural pour sa remarquable reconstruction néogothique ». Le permis de démolir délivré par la mairie est annulé.
En mai 2013 (flamby est là !), nouveau rebondissement. En dépit de la décision de justice, le conseil municipal évoque les risques que fait peser l’édifice sur la population. Qu’importe si aucune pierre n’est tombée. Le conseil municipal avance des chiffres : la restauration aurait coûté 3 millions d’euros, selon le cabinet Héritage.
« Le devis a été artificiellement gonflé, le maire a demandé un devis maximal au cabinet Héritage, qui reconnaît lui-même avoir budgété des travaux inutiles ». […]
« Les Eglises sont abandonnées soit par incompétence, soit par mauvaise foi ».Certains maires de communes plus petites parviennent à lever 1 millions d’euros auprès du conseil général et du conseil régional quand d’autres refusent la moindre démarche pour obtenir des subventions », déclare Maxime Cummuel, délégué de l’OPR.
Gesté est un exemple d’acharnement et de mauvaise foi. […]
M. de Greef-Madelin
Extrait de : Valeurs Actuelles
En France, on détruit les églises !
Mais on construit des mosquées…
« Ami, entends-tu le vol noir
Des corbeaux sur nos plaines.
Ami, entends-tu ces cris sourds,
Du pays qu’on enchaîne ?
Extrait du chant des partisans (1943)
Liviaaugustae