Par Liviaaugustae
« Ma maison sera appelée maison de prière ; et vous, vous en faites un repaire de brigands. »
Mathieu 21, 13.
Le Christ chassant les marchands du Temple
Les fresques ont été réalisées par le tyrolien Martin Knoller en (1772)
Les voûtes de la vaste et lumineuse église abbatiale Saint-Ulrich de Neresheim en Wutemberg, dans la vallée du Danube, sont couvertes de fresques baroques et colorées, contrastant avec la blancheur des murs et piliers. Cette fresque orne une des coupoles.
Cet épisode, qui a inspiré de nombreux peintres, s’est déroulé le jour des Rameaux, juste après l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem. Il fait un fouet de cordes et chasse vigoureusement les vendeurs de souvenirs. Un grand tumulte s’ensuit. Le Christ fustige ainsi ceux qui utilisent la religion pour servir leurs intérêts et non plus pour rendre gloire à Dieu.
Des vendeurs enfournent en hâte leurs produits dans des sacs et des cageots, et s’empressent de quitter les lieux. A l’arrière plan à gauche de Jésus, une dame coiffée d’un voile, venue faire ses dévotions au Temple, part en tenant sa fille par la main, tout en regardant la scène avec étonnement.
Comme toujours dans l’art baroque, la mise en perspective est impressionnante par les architectures en trompe-l’œil, ici l’escalier et le portique du Temple. On a l’impression que les vendeurs tombés sur les marches vont chuter encore plus bas.
Fondée en 1096, l’abbaye bénédictine de Neresheim a été reconstruite de 1747 à 1792 par Balthasar Neumann, un des meilleurs architectes baroques d’Allemagne du sud.
Un fouet de cordes à la main, le Christ est vêtu de rouge et de bleu comme dans l’art médiéval et byzantin, couleurs symboliques de sa divinité et de son humanité.
La jeune mère emmenant son enfant à l’abri, à gauche apporte une touche d’humanité dans cette scène mouvementée. Elle rappelle les représentations du massacre des saints innocents.
Marie-Gabrielle Leblanc.
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