Par Liviaaugustae
« Celui qui dresse son escalier dans le Ciel et qui érige son palais au-dessus de la terre, le Seigneur est son nom. »
Amos 9,6.
Le Pantocrator copte (XIIIe siècle)
Le monastère copte Saint Antoine, en Egypte, conserve un trésor dans sa plus ancienne église : ses parois sont entièrement revêtues de peintures des VIe et XIIIe siècles. Celles-ci ont été restaurées il y a une quinzaine d’années. Le Christ en majesté, qui mesure 1m50 de haut, est une des deux absides peintes sur ce thème par l’artiste Théodore (1232).
Le Christ trônant ou Pantocrator (Tout-Puissant en grec) est entouré par les quatre Vivants de l’Apocalypse (Chapitre IV) et du Livre d’Ezéchiel. Les Pères de l’Eglise ont décrypté qu’ils représentaient les quatre évangélistes : Mathieu, l’ange ; Marc, le lion ; Luc, le taureau ; et Jean, l’aigle. Ils symbolisent aussi la Naissance, la Passion, la Résurrection et l’Ascension du Christ, et enfin les vertus du chrétien : humanité, courage, humilité, tendant vers les réalités d’en haut comme l’aigle. La mandorle forme en amande de l’apparition divine, signifie que la divinité du Christ est cachée en son humanité et qu’elle se dévoile aux yeux du fidèle. Elle est portée par quatre anges. Aux extrémités de l’abside (en haut de la photo, à cause de la rotondité de l’espace peint) apparaissent la Vierge Marie et Saint Jean Baptiste, qui intercèdent pour l’humanité au jour du Jugement Dernier.
Le monastère Saint Antoine fut fondé en 305 (en plein empire romain) au désert de la mer Rouge par Saint Antoine le Grand (251-356), Père des moines d’Orient et d’Occident. Il a toujours été en activité et cent vingt moines y vivent aujourd’hui comme au IVe siècle, la spiritualité des Pères du désert.

Dans l’iconographie orientale comme occidentale, seul le Christ a un nimbe crucifère, c’est-à-dire une auréole portant la Croix (ici, avec trois petites croix supplémentaires rappelant la Sainte Trinité).

Le soleil et la lune figurent de part et d’autre du Christ en majesté : le soleil, rouge, à la droite du Christ dont il est un des symboles, et la lune blanche, à sa gauche, comme deux visages résumant la Création.

L’aigle de saint Jean se trouve à droite de notre fresque. Il fait également penser à la colombe du Saint Esprit par la douceur de son profil.
Marie-Gabrielle LEBLANC
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