Mercredi 14 Février, mercredi des Cendres, le Carême a commencé pour nous chrétiens.
Nous laisserons-nous tenter par ce diable qui cherche par tous les moyens à nous entraîner avec lui dans ses turpitudes ?
S'il a osé tenter le Fils de Dieu, il ne se prive par avec les hommes qui le suivent le plus souvent !
Livia
Les Trois tentations du Christ, cathédrale de Plaisance (Italie)
Les trois tentations du Christ sont une partie du bandeau sculpté dans le marbre rose de Vérone, au début du XIIe siècle, sur la façade de la cathédrale de Plaisance (Piacenza), en Emilie Italie du Nord. Ce linteau décrit plusieurs épisodes de la vie du Christ.
L'artiste roman a suivi les évangiles de Mathieu et Luc où sont racontées les tentations. « Alors Jésus fut conduit au désert par l'Esprit, pour être tenté par le diable. Il jeûna 40 jours et 40 nuits. » (Mathieu)
Les trois tentations sont figurées sous un petit arc roman en plein cintre, séparées les unes des autres.
1er tentation
Première tentation, à gauche. Jésus, juste après son baptême et avant le début de sa vie publique, vient de jeûner 40 jours dans le désert, en mémoire de quoi les chrétiens sont invités à jeûner et prier pendant le Carême. Le diable est hideux à souhait, mais tellement grotesque et dodu qu'il n'est pas très effrayant. Le sculpteur veut montrer qu'il ne faut pas craindre Satan, que Dieu est vainqueur du mal. Jésus a faim. Le tentateur en profite pour lui suggérer de changer les pierres en pains, tentation du matérialisme. Le geste vulgaire du diable qui se frotte l'estomac, est sans équivoque. Il contraste avec la solennité du Christ qui tient un évangile et donne clairement sa réponse. La parole de Dieu est mise en avant, car Jésus est Lui-même est le Verbe de Dieu. « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toutes paroles qui sort de la bouche de Dieu. »
2er tentation
Au centre, le diable a emmené Jésus au sommet du Temple, figuré comme une église byzantine. Il lui suggère de se jeter en bas et d'ordonner aux anges de le porter pour convertir ceux qui verront ce miracle : tentation de forcer la liberté de croire, de mettre Dieu en demeure de faire un miracle, de rechercher systématiquement les prodiges, non par dévotion sincère, mais par amour du sensationnel et du spectaculaire. Le visage de Jésus est plus grave. Il congédie le diable qui tourne les talons en lui montrant les dents. « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. » Là aussi, le Christ tient un évangile, même si il est moins mis en évidence que dans la première scène.
3er tentation
A droite, sur la montagne, le visage de Jésus devient encore plus sévère et même terrible, car Satan lui a proposé de l'adorer, lui promettant toute la terre en retour : tentation de l'idolâtrie et de l'accumulation des biens matériels, tentation du pouvoir pour le pouvoir. « retires toi Satan ! C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras. » Il est gravé en latin au-dessus des scènes : « Dieu est tenté trois fois par l'art de la ruse. »
Marie-Gabrielle Leblanc