La barque rouge
(Albert Marquet)
Les vacances sont faites pour se reposer, pas pour courir de ci de là.
Et si nous prenions le temps de vivre enfin, comme faisaient nos ancêtres
romains ?
[... Chez les romains, le temps des vacances était le temps où l’on pouvait se
consacrer à l’essentiel, c’est-à-dire aux "activités capitales".
Et si nous prenions nos vacances à la romaine ?
Ah ! Les vacances, le soleil, le bleu du ciel, la plage, les bagages, les chapeaux de
paille… C’est le plein cœur de l’été. Repos et farniente.
Ne rien faire. Rien, absolument rien ! Quel bonheur ! Bonheur bien mérité
après le rythme trépidant de l’année, voici venu le temps du farniente.
Et pourtant, rien, c’est déjà « quelque chose » comme l’étymologie nous le
suggère.
Et puis ne rien faire : c’est long, c’est vide ! Que faire de ce temps libre, vacant,
ce temps de vacances?
Nous pouvons rester sur la terre du farniente, mais en croisant les Romains de l’Antiquité.
Ce qui définit l’homme pour les philosophes de ces temps anciens, ce n’est pas son activité ou son métier comme aujourd’hui.
Ce qui fait l’homme à Rome, c’est son temps libre et comment il l’occupe, soit en fin de carrière (quand il est à la retraite) soit lors des pauses qu’il se donne lorsqu’il est en « vacances ».
Un seul mot chez les Romains : l’otium, le temps libre. Or ce temps libre surpasse le temps actif.
La preuve ? Chez les Romains, l’activité n’est pas une notion positive : l’activité, c’est ce qui prive du temps libre.
En effet, en latin, le neg-otium (qui dans notre langue a donné « négoce », la grande activité de cette plaque tournante des échanges que fut Rome), c’est ce qui prive de l’otium, c’est le contraire de l’otium.
Ainsi pour les Romains, la notion positive c’est le temps libre, vide, vacant, que nous appelons les « vacances ». Et l’activité est ce qui nous arrache à ce temps de vacances !
Faisons de ce temps de vacances un temps intelligent […]
Delphine de Firmas
Plusieurs de nos grands saints nous donnent des idées :
«Le remède à la fatigue de l’âme, comme à celui du corps, c’est le repos.»
Saint Thomas d’Aquin
«Notre époque est une époque de mouvement continuel qui va souvent jusqu’à
l’activisme, risquant facilement de faire, pour faire.
Il nous faut résister à cette tentation en cherchant à être avant de faire.»
Jean-Paul II
«Laissons-nous donc guider, soyons calmes, calmes. Soyons occupés et non pas
préoccupés.»
Saint Maximilien Kolbe
«Venez à l’écart dans un endroit désert, reposez-vous un peu. »
Saint Marc
«Manger peu, travailler beaucoup, avoir beaucoup de tracas d’esprit, et refuser
le dormir au corps, c’est vouloir tirer beaucoup de services d’un cheval qui est
efflanqué, et sans le faire repaître. »
Saint François de Salles