J'ai découvert l'extrait d'une lettre de Mme du Deffand, au cour d'une lecture et je pense que nous pourrions l'écrire aujourd'hui à propos de nos dirigeants, qui font ce que bon leur semble et se fichent complètement des peuples qui les ont mis sur le trône !
Liviaaugustae
« Ne nous flattons jamais d'établir la tolérance ; les persécutés la prêcherons toujours, et s'il cessait de l'être, ils ne l'exerceraient pas. Quelque opinion qu'aient les hommes, ils y veulent soumettre tout le monde...
Tout ce que vous écrivez a un charme qui séduit et entraîne ; mais je regrette toujours de vous voir occupé de certains sujets que je voudrais qu'on respectât assez pour n'en jamais parler, et même n'y jamais penser... »
Madame du Defffand
(extrait d'une lettre à Voltaire, dans laquelle elle lui reproche sa démagogie)
Un mot sur l'auteur
Mme du Deffand,
Gravure de Forshel, d'après un portrait de Louis Carrogis dit Carmontelle.
Marie de Vichy-Chamrond (ou Champrond), marquise du Deffand, née le 25 septembre 1696 au château de Chamrond en Bourgogne et morte le 12 août 1780 à Paris, est une épistolière et salonnière française. Elle est issue d’une famille de Bourgogne, noble, mais pauvre. Elle fut élevée dans un couvent bénédictin à Paris. Elle épousa, à 22 ans, en 1718, le marquis du Deffand, homme d'un certain âge, qu'elle n'estime guère. Femme célèbre par sa beauté et son esprit, d’une morale peu sévère, elle se vit bientôt entourée d'adorateurs ; elle eut, dès lors, de nombreuses liaisons et mena une vie libre dans les salons de la Régence. Elle fut introduite par son amant Charles-Jean-François Hénault, ami de la reine, chez la duchesse du Maine qui régentait alors les plaisirs à la cour de Sceaux, avec ses salons littéraires et les fêtes des Grandes nuits de Sceaux, dans le cercle des Chevaliers de la Mouche à Miel. Sa maison devint le rendez-vous de tout ce que la cour, la robe et surtout la littérature renfermaient d’hommes marquants. C’est dans ce monde Libertin qu’elle fit la connaissance de Voltaire qui resta son ami toute sa vie. Mais elle y rencontra également des personnalités du monde des arts et des lettres et, à partir de 1742, commença sa correspondance prolixe avec les célébrités de son temps : Voltaire, Horace Walpole, d'Alembert, Julie de Lespinasse et tant d'autres...
Papotages, potins de cour, portraits de personnages célèbres nourrissaient sa correspondance dans un style alerte et vif, mais aussi mordant et piquant, brillant comme l'étaient les conversations de salons de son époque qui, entre toutes, fut celle de la conversation érigée en art ; parfois féroce car ses propos incisifs ne sont que trop lucides. […]
(Texte et images wikipédia)