Mosaïque de la place des corporations à
Ostie.
Le
pont de bateaux symbolisant la ville d’Arles.
Les
ponts de bateaux sont des édifices utilisés en général pour des fins militaires. Arles est une des rares villes qui possédait un pont de bateaux permanent, prouesse technologique peu commune
reconnue par de nombreux auteurs anciens comme Ausone ou Cassiodore. Les arlésiens étaient d’ailleurs si fiers de cet ouvrage qu’ils l’avaient choisi comme symbole sur la mosaïque de leur
schola du Forum des corporations d’Ostie.
Les
bateaux fluviaux de types ponto, à proue très relevée, étaient ancrés fermement dans le fleuve et attachés, pour les quatre premiers, à deux bites d’amarrage maçonnées ; un platelage de
fortes poutres maintenaient la cohésion des barques et recevaient le tablier.
Aux
extrémités, deux ponts levis assuraient une liaison souple avec les culées en pierre, afin d’étaler les crues violentes du Rhône et permettre le passage des navires de faibles tonnages, qui
pouvaient ainsi remonter le fleuve depuis la mer jusqu’à Lyon. La mosaïque d’Ostie montre clairement en outre que les départs comportaient des arcs triomphaux surmontés de statues ou de
trophées.
La
présence du pont amenait une rupture de charge, c’est-à-dire que les marchandises qui descendaient le fleuve sur des péniches devaient être transbordées sur des navires de mer, tandis que le
frais arrivant de la Méditerranée sur des navires trop gros pour remonter au-delà du pont étaient transférées sur des barques fluviales.
D’énormes
quantités de vestiges découverts dans le fleuve montrent que l’activité du port fluvio-maritime d’Arles devait être intense, comme le décrit d’une manière imagée le poète romain Ausone :
« Arles, ville double, ouvre tes ports si aimablement hospitaliers : Arles, Rome des Gaules, qui a pour voisine d’un côté Narbonne, de l’autre Vienne, opulente colonie des Alpes. Le
cours torrentueux du Rhône te coupe en deux : Mais d’un pont de bateaux tu forme d’une rive à l’autre une large route. »