Par Liviaaugustae
Ophélia (1910) J.W. Waterhouse
La Reine Gertrude
Un malheur marche sur les talons d’un autre
Tant ils se suivent vite.
Votre sœur s’est noyée Laerte.
Il y a en travers du ruisseau un saule
Qui mire ses feuilles blanches dans le courant.
Là, elle tressa d’extravagantes guirlandes
De boutons d’or, d’orties, de pâquerettes
Et de ces fleurs pourpres
Que les bergers nomment grossièrement,
Mais que nos vierges appellent doigts des morts.
Ophélia John William Waterhouse (1889)
Tandis qu’elle grimpait pour suspendre
Sa couronne de fleurs aux rameaux inclinés,
Une envieuse branche se brisa
Ophélia, Alexandre Cabanel
Et elle tomba avec ses trophées champêtres
Dans le ruisseau en pleurs.
Sa robe se déploya autour d’elle et…
Telle une sirène elle flotta un moment
En chantant de vieux airs,
Comme insensible à sa propre détresse
Ou comme une créature
Née et vivant à l’aise dans cet élément
Mais avant longtemps,
Ses vêtements alourdis
Par ce qu’ils buvaient
Ont entraînés la malheureuse
Vers une mort fangeuse.
Ophélie, John Everett Millais (1852)
Laerte
Tu n’as eu que trop d’eau pauvre Ophélie,
Je retiens donc mes larmes.
Mais pourtant, nous sommes ainsi faits
Que la nature nous les impose.
Mort d’Ophélie extrait d’Hamlet
William Shakespeare.
J’aime particulièrement la tirade de la reine Gertrude, racontant à Laerte, la mort affreuse de sa sœur Ophélie.
C’est un film mis en scène et jouée par Kenneth Branagh, qui fut « oscarisé ». Il reprend les textes complets de Shakespeare, sans que cela ne soit ni ennuyeux, ni rébarbatif, à ses côtés de grands acteurs comme Julie Christie dans le rôle de la reine, et Kate Winslet encore toute jeune, dans le rôle d’Ophélie. Tous récitent ces vers, avec naturel, dans un cadre splendide : le château de Bleinheim figurant le château d’Elsinore, des jeux savants de miroirs au milieu de somptueuse boiseries, des chevauchées dans la campagne anglaise, des duels au milieu des salons sur tapis rouges.
Si vous ne l’avez vu, je vous le conseille, mais prévoyez deux soirées car il dure 4 heures.
Liviaaugustae
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog



