«
Ode an die Freude ».
L’ODE A LA JOIE…
Traduction du poème allemand de Schiller, mis en musique par le divin BEETHOVEN.
Mes amis cessons nos plaintes !
Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants de fête
Et nos accords pieux !
Joie !
Que celui qui a le bonheur d’être l’ami d’un ami ;
Que celui qui a conquis une douce femme,
Partage son allégresse !
Oui, et aussi celui qui n’a qu’une âme
A nommer sienne sur la terre !
Et que celui qui n’a jamais connu cela,
S’éloigne en pleurant de notre cercle !
Tous les êtres boivent la joie
Aux seins de la nature,
Tous les bons, tous les méchants,
Suivent ces traces de rose.
Elle nous donne les baisers et la vigne,
L’ami, fidèle dans la mort,
La volupté est donnée au ver,
Et le chérubin est devant Dieu.
Heureux alors que ses soleils volent
Sur le glorieux système céleste,
Courez, frères sur votre voie,
Joyeux comme un héros vers la victoire.
Qu’ils s’enlacent, tous les êtres !
Ce baiser au monde entier !
Frères, au plus haut des cieux
Doit habiter un père aimé.
Tous les êtres se prosternent.
Pressens-tu le créateur Monde ?
Cherche-le au-dessus des cieux d’étoiles !
Au-dessus des étoiles il doit habiter.
Joie ! Belle étincelle des dieux
Filles de l’Elysée,
Soyez unis êtres par millions !
Qu’un seul baiser enlace l’Univers !
« Beethoven, dès 1792, s’était enthousiasmé pour le poème « L’ODE A LA JOIE » de Friedrich Von Schiller ; en 1817, il esquissa
une œuvre orchestrale avec voix. Puis au fur et à mesure que la composition avança (1822-23), il renonça à une fin vocale. Ce n’est qu’à la fin de 1823 que s’opéra la synthèse : l’Ode de
Schiller vint couronner l’œuvre exécutée le 7 mai 1824. Les trois premiers mouvements sont puissamment ancrés au finale par une introduction qui les remémore un à un. Le « thème de la
joie » y fait alors une entrée discrète, presque tendre, aux cordes graves, et commence son expansion. Ce thème, très universellement connu de toute la musique, a été l’objet d’inlassables
recherches du compositeur ; on en connaît plus de deux cents états. […]
Ici, il cherche son état idéal de permanence, inaltérable, inaltéré, qui sera porté par le chant innombrable. Aussi le « développement » du finale n’en est-il pas un à vrai dire, c’est
l’amplification constante, la glorification d’une idée, l’incantation : par quoi ce finale porte, au-delà des salles de concert, sa destinée d’hymne ».
Extrait de : Dictionnaire de la Musique, Larousse
Je vous offre cet hymne à la joie, pour nous aider à nous évader de ce monde trop terre à terre et vraiment trop morose…
Liviaaugustae