FREDERIC
FRANCIS CHOPIN
(1810-1849)
Chopin : par Delacroix
(Musée
du Louvre)
Son
père, Nicolas Chopin, originaire de Marainville dans les Vosges, émigre en Pologne, il épouse une parente de la famille Skarbeck dont il était précepteur. Une fille, Louise précède Frédéric, deux
autres filles devaient naître par la suite.
Au sein
de sa famille très musicienne, l’aptitude précoce de l’enfant se révèle très tôt. Premières leçons à six ans avec sa mère.
Il
n’aura en fait qu’un seul maître : Adalberg ZWYNY d’origine tchèque qui lui communique ses deux passions : Bach et Mozart.
A sept
ans, il compose une polonaise et une marche militaire.
Son
premier concert à huit ans (un concerto de GYROWETZ) lui vaut d’être salué comme un « génie musical » en tant qu’interprète. Mais sa réputation s’établit aussi comme compositeur. Même
engouement qu’autour de Mozart enfant. Frédéric Chopin joue devant la tzarine mère et devant le grand-duc Constantin. A douze ans n’ayant plus rien à apprendre de ZWYNY, il lui dédit une
Polonaise.
Cet
enfant prodige est doué d’un naturel très enjoué, doué pour le dessin, les imitations, le théâtre.
Il va
au lycée jusqu’à son baccalauréat, tout en continuant de se développer pianistiquement, étudie avec Josef ELSNER l’harmonie et le contrepoint. De
cette époque datent : Variations sur un air allemand (1824), Rondo op.1 (1825), Polonaise en si bémol min. (1826), Variations pour flûte et piano sur un thème de Rossini
(1826).
Puis
Chopin entre au conservatoire, fondé par ELSTER
Son
premier grand concert public a lieu à Varsovie le 17 mars 1830 au Théâtre.
ADIEUX
A LA POLOGNE : Son départ est décidé. Varsovie est à la veille d’un soulèvement. Dernières vacances en famille à Zelazowa Wola. Dernier concert en Pologne. Au cours du banquet on lui remet
une coupe en argent contenant de la terre de Pologne. Derniers adieux le 2 novembre « jour des morts ». « J’ai l’impression que je pars pour mourir ».
Chopin
arrive à Paris Il y arrive à l’automne 1831 et s’y installe au 27 boulevard Poissonnière. Coup de foudre pour cette ville qui a pris parti pour la Pologne.
« Le
plus beau des mondes », « Paris répond à toutes les désirs », écrit-il à Titus. Enfin et surtout, Paris est à ce moment, la capitale de la musique.
Paër le
présente à Rossini, à Cherubini et à Kalkbrenner, ce dernier trouve : « Qu’il joue dans le style de Cramer, mais avec le toucher de
Field » et lui offre de le faire travailler pendant trois ans.
Pour
l’heure, Chopin ne vit que grâce à l’aide paternelle. Et il songe à partir ; peut-être en Amérique, mais Valentin Radzywill rencontré par hasard l’emmène chez le baron James de Rothschild.
Il conquiert son auditoire. Le voilà lancé. Dans ce milieu qui fait les réputations, il est l’événement de la saison. Cette période mondaine, fait de lui un des artistes les plus recherchés de la
capitale. « Si j’étais plus sot que je ne suis, je me croirais à l’apogée de ma carrière »
La
première rencontre avec George Sand est plutôt négative des deux côtés : « Qu’elle est antipathique cette Sand ! » confie Frédéric à Hiller. « Est-ce bien une
femme ? J’arrive à en douter. »
Portrait de George Sand : par Auguste
Charpentier
Ils se
reverront pourtant plus tard, chez Chopin lors d’une soirée pendant laquelle Liszt et Chopin joueront à quatre mains la Sonate en « mi » bémol de Mochesles. Ce soir-là Sand invite
Chopin à venir à Nohant avec Liszt et Marie d’Agoult.
Leur
liaison va durer neuf ans et leur intimité peut-être seulement quelques mois.
Ils
partent à Majorque à la recherche d’un climat doux, Frédéric est malade. Mais ils y arrivent à la saison des pluies, et Chopin recommence à tousser. Il se croit poursuivi par des fantômes dans
ces immenses couloirs, et sur le piano envoyé par Pleyel, il travaille sans discontinuer. Ils reviennent à Nohant. Leur liaison a désormais un caractère conjugal : stabilité, imperméabilité
réciproque, récriminations et jalousies, mais accord implicite. Entre George et ses deux enfants Chopin aura l’illusion d’un foyer […]
Au cœur
de ce que l’on a souvent appelé le « secret de Chopin », l’emploi du « rubato », cette liberté de mouvement comportant l’altération du temps dans certains passages afin
de souligner l’expression. […]
Temps
dérobé, mesure souple (en général à la main droite), le rubato donne à la phrase mélodique dans la partie chantante un accent de terroir en soulignant l’expression. Mais lui-même, dans une
formule célèbre, limite les risques d’une interprétation trop poussée d’une telle licence : « Que votre main gauche soit votre maître de chapelle et garde toujours la mesure »
[…]
C’était
un sensible, oui, mais comme peut l’être un très grand poète : à partir d’un langage original, entièrement dominé, et aussitôt identifiable. Chopin est en plein romantisme, tant par son
caractère, ses goûts littéraires et artistiques, tourné vers le XVIIIe siècle. Par ses réticences personnelles face à certains témoins de son temps, il est sinon un classique, du moins un être
cultivant l’intériorité, étranger à tous les messianismes, à tous les déballages prophétiques. Le premier musicien, à coup sûr, à avoir exprimé de façon persuasive son identité personnelle. Dans
ces alternatives de passion et d’exigence formelle qui forment la structure de presque chaque morceau, il dessine peu à peu, par touches successives, son paysage intérieur. […]
Sur le
plan de la création, et alors qu’il approche de la fin, Chopin est déjà entré dans cette phase où, échappant à l’anxiété et aux fantasmes morbides, il se tourne paradoxalement vers la joie et la
lumière méditerranéennes. C’est l’année suivante (1845) la merveilleuse Barcarolle, qui unit au thème ondin le chant du timonier et le balancement
des eaux du Switez.
Il
meurt à Paris le 17 octobre 1849, où il repose au cimetière du Père Lachaise.
Extrait
du Dictionnaire Larousse de la musique.
Tombe de Chopin au Père
Lachaise
(Image
du Web)