LA DEESSE CERES.
Livie en Cérès.
(Musée du Louvre)
Fille de Saturne et de Rhéa, Cérès est la plus importante des Déesses de la végétation et de la fécondité.
La Déesse romaine de ce nom s’identifie à Démeter, elle possède les mêmes attributs, les mêmes fonctions, et sa légende ne fait que reprendre celle de la Déesse grecque.
Son culte fleurit dans toutes les régions agricoles du monde romain, particulièrement celles où pousse le blé, en Campanie.
Aussi la représente-t-on souvent comme la Déesse du blé.
Bas-relief : Sacrifice votif à Cérès.
(Musée du Louvre)
Bas-relief : procession votive à Cérès.
(Musée Archéologie de Naples)
La légende de Cérès se noue autour de l’enlèvement de sa fille Proserpine qu’elle avait eue de son frère Jupiter.
Cérès et sa fille Proserpine.
(Musée du Bardo)
Le rapt de cette fille chérie eut lieu quelque part en Sicile. Il a été maintes fois décrit par la poésie : la jeune fille joue avec ses compagnes au milieu d’une prairie parsemée de fleurs. Ayant aperçu un narcisse, elle s’écarte de ses compagnes et se baisse pour le cueillir. C’est alors que la terre s’ouvre et que Pluton le Dieu de la mort, en surgit et l’emporte dans le monde des Enfers, malgré sa résistance et ses cris. « Les cimes des montagnes et les abîmes de la mer retentissaient de sa voix immortelle, nous raconte la légende ; sa mère enfin l’entendit ; une douleur aiguë la saisit au cœur… Elle jeta sur ses épaules un voile sombre et s’élança comme un oiseau sur la terre nourricière et sur les vagues à la recherche de son enfant. Pendant neuf jours et neuf nuits, elle erra ainsi, tenant en mains des torches enflammées. Tout à son affliction, elle ne goûta ni ambroisie, ni nectar ; elle ne plongea pas son corps dans un bain…
Rapt de Proserpine du Bernin.
(Galerie Borhèse)
Ce que Cérès ignorait c’est que Jupiter avait promis secrètement Proserpine à Pluton. Elle la cherchait donc en vain par toute la terre, alors qu’elle était devenue la reine du monde souterrain. Elle fut renseignée par Apollon Dieu du soleil qui « voit tout », et sut que Jupiter avait donné sa fille à Pluton. Alors pour obtenir de Jupiter qu’il lui rende son enfant, elle quitta l’Olympe et fit régner une sécheresse terrible qui condamna la Sicile à la famine. Ce fut en vain que le roi des Dieux lui demanda d’arrêter cette sécheresse et de revenir à l’Olympe. Cérès lui répondit qu’elle ne reviendrait pas et qu’elle ne mettrait pas fin à la famine en Sicile, tant qu’on ne lui rendrait pas sa fille.
Jupiter y consentit, mais à la condition que Proserpine observa un jeûne total pendant tout son séjour dans le monde souterrain. Il envoya Mercure chez Pluton qui accepta de se séparer de son épouse.
Cependant cette dernière avait grignoté quelques graines de la grenade offerte par Pluton, ce qui lui interdisait de quitter l’empire des ombres, selon la condition posé par Jupiter.
Il fallut donc trouver un compromis : Jupiter décida qu’elle passerait six mois auprès de son époux, puis reviendrait sur terre à chaque printemps passer le reste de l’année avec sa mère.
Ce mythe symbolise l’alternance des saisons, la mort de la végétation en hiver et sa résurrection au printemps.
Au cours de son exil sur terre Cérès vécut de multiples aventures. En Arcadie son frère Neptune voulut d’elle, pour lui échapper, elle se changea en jument. Mais Neptune prit aussitôt la forme d’un cheval et c’est ainsi que le cheval divin Aérion vint au monde. Puis elle fit la rencontre de Jason auquel elle se donna sur une jachère.
L’Attique était le principal entre du culte de Cérès. Les cérémonies principales qui se tenaient à Eleusis, comportaient des rites secrets connus sous le nom de « mystères d’Eleusis » aussi ces « mystères » restent-t-ils jusqu’à aujourd’hui … mystérieux.
Cérès a été représentée par de nombreuses statues. Tantôt debout, tantôt assise, ses signes distinctifs sont le voile, la couronne d’épis, la torche, les serpents et la corne d’abondance, qui symbolise la fécondité.
La Déesse Cérès.
(Musée du Vatican)
La Déesse Cérès.
(Galerie des Offices)