Caractère solennel d’une immense
et impeccable pelouse, inspirée par le goût européen. Le vrai jardin, riche en espèce tropicales se cache secrètement à l’arrière de la maison. Ici c’est un lieu de circulation plus que
d’agrément, complètement dégagé, et dominé par la blanche demeure de bois, dont le corps principal date des années 1850.
Jolie transition entre la
véranda et le jardin, un escalier aux rambardes tapissée de lierre-pays (Ficus pumila)
Les plantations de bananes ont remplacé les champs de canne à sucre, victime de la crise sucrière des années 1930.
Disséminés à proximité de la demeure du maître, les éléments de l’ancienne usine sucrière…
Un bel ensemble architectural du XVIIIe siècle
constitué par ce portail de pierre, s’ouvrant sur une charmante vue du jardin, et par l’esthétique canal qui le prolonge.
Haque palier du canal est conçu comme une fontaine,
mais lorsque l’eau est retenue en amont pour irriguer les bananeraies, le débit n’est plus suffisant pour animer l’escalier.
Un petit bassin rond redistribue l’eau du canal vers
la cuisine et les pièces de la maison.
Le canal se faufile discrètement entre un massif de
roses de porcelaine (Etlingera eliator) et un alignement de palmiers multipliants (Chrysalidocarpus lutescens), qui lui offre une voûte protectrice.
Au cœur d’un massif de roses de porcelaine, en
pleine floraison début mai.
Mise en scène soignée d’une collection de bakouas
(Pandanus utilis), lataniers verts (livistona chinensis), et autres palmiers ou cycas qui contraste avec l’ambiance naturelle et sombre du verger centenaire en arrière-plan.
Atmosphère romantique et mystique dans ce sous-bois
qui abrite une vieille tombe du XVIIIe siècle et un petit oratoire
La roue hydraulique de la distillerie noyée dans une
friche végétale, véritable « jardin » spontané.
Isabelle SPECHT
Extrait de : Jardins de la Guadeloupe, L’art de l’improvisation.
« Palmes !
Et sur la craquante demeure tant de lances de flamme ! […]
Palmes ! et la douceur
D’une vieillesse des racines… ! Les souffles alizés,
les ramiers et la chatte maronne
trouaient l’amer feuillage où, dans la crudité d’un soir au parfum de Déluge,
les lunes roses et vertes pendaient comme des mangues. »
Saint-John Perse (1907)
(Œuvres complètes Eloges. Pour fêter une enfance).