C'est une belle description de la nature, que j'ai découverte au cours d'une lecture et que je partage avec vous...
Le Frère Yves Combeau nous raconte ses balades et ses contemplations durant ses vacances.
Ses balades sont tout simplement magnifiques et toutes empreintes de sérénité.
Livia
Chemin de campagne
On pourrait s'asseoir sur le talus et contempler...
(Photo prise lors d'une balade au château de l'Argoët dans le Morbihan).
Contemplations...
Pendant les dernières vacances, dans la belle campagne du nord du Limousin, au long des chemins empierrés que bordent des haies et des chênes, j'ai rencontré des renards et des écureuils, des chevreuils et des buses, des hérons garde-bœufs et des hérons tout court. Tout ce petit monde animal vivait joyeusement au beau soleil d'août parmi les prés, les bois et les étangs. Je me suis assis à l'ombre des feuillages tachetés de lumière, et j'ai regardé.
Regarder, sans avoir rien d'autre à faire ni avoir l'intention de rien faire d'autre, c'est la contemplation. La contemplation fait partie de la vie du chrétien.
Regarder quoi ? Ce qui est beau, ce qui est intelligent, ce qui est profond. Ce que nous comprenons ou ne comprenons pas, peu importe. Mais regarder. Recevoir sans saisir, gratuitement, comme on reçoit un cadeau. Et dans ce cadeau, reconnaître la main et l'esprit de celui qui donne, qui est Dieu.
Nous pouvons ainsi contempler la nature, du plus petit insecte qui mène sa quête sur une fleurette du talus, aux étoiles filantes qui éclaboussent les constellations de la nuit d'été. Nous pouvons contempler un visage aimé, une peinture, une maison, une musique (on contemple avec tous les sens) ; contempler par l'intelligence en lisant un livre, et, d'entre tous les livres, la Bible. C'est ce que font les moines …
Recevoir ce que Dieu donne. La beauté d'un vol ou d'une course, la révélation d'une pensée inattendue, la caresse du soleil sur un corps comme un geste d'amour. Dieu se révèle partout, tout le temps, même lorsque nous sommes au travail ou dans l'agitation de la ville. Nous ne le voyons pas, parce que nous sommes nous-même agités, inquiets, pressés de faire et d'acquérir. Mais nous pouvons apprendre à ouvrir, si je puis dire nos mains intérieures : à contempler ces éclats de la splendeur de Dieu qui scintille dans la plus grande des banalités.
Nous insistons beaucoup, nous, chrétiens, sur l'action et la transmission. Action et transmission sont en effet des parts essentielles de notre vie de chrétien. Mais souvenons-nous de Marie de Magdala assise auprès de Jésus. Marie avait choisi, pour cette fois, de contempler. Seulement contempler, rien d'autre. Et c'est peut-être qu'elle savait contempler qu'elle fut la première à voir Jésus ressuscité.
Frère Yves Combeau