RENDEZ-NOUS
L’HISTOIRE DE FRANCE !
La bataille de Quiberon,
par Jean Soreuil (1850)
(Musée
des Beaux-Arts d’Arras).
L’engouement
des français pour l’histoire (de France) ne se dément pas. « C’est une passion française, avance Franck Ferrand, le Mr Histoire d’Europe 1 et de France 3. Les français adorent l’Histoire,
l’Histoire chronique, l’Histoire bataille, l’Histoire des Règnes… Ils aiment les énigmes, ils aiment qu’on les fasse entrer dans des histoires mystérieuses… »
Ce ne
sont pas les marchands de journaux qui le contrediront, qui accueillent des publications Historiques de plus en plus nombreuses .Un français sur deux se déclare amateur d’Histoire. Même
phénomène sur le front de l’édition, où les ventes de livres d’Histoire ont notablement augmentées ces dernières années, et à la télévision, où Franck Ferrand (L’Ombre d’un doute) et Stéphane
Bern (Secret d’Histoire) cartonnent avec des émissions de vulgarisation historique intelligente. Cette intérêt pour la chose historique, poursuit Ferrand est très ancien :
« L’Histoire à d’abord été le fait des chroniqueurs : La chronique des règnes, la vie des Rois, des Reines, des grands évangélisateurs. Cette Histoire chronique a teintée l’imaginaire
nationale. Chaque époque a voulu faire son Histoire : Histoire des Bourbons, Histoire Républicaine, Histoire coloniale. » D’où l’attirance du public pour l’Histoire vivante, incarnée,
qui passe par les grands personnages, les Héros et les Saints, et par les lieux où ils ont vécus, où ils se sont battus, où ils sont morts. C’est ainsi que pendant des décennies les élèves ont
appris l’HISTOIRE. Cette manière d’enseigner l’Histoire avait ses qualités : Fixer tôt dans l’esprit des enfants des repères chronologiques, d’autant plus facilement mémorisables que ces
dates étaient associées à des images frappantes et notamment à des lieux :
Vercingétorix jette ses armes aux pieds de
César, par Lionel Royer (1899)
(Le
Puy-en-Velay, Musée Crozatier)
Vercingétorix
jetant son bouclier aux pieds de Jules César devant l’Oppidum d’Alésia,
Jeanne
d’Arc brûlée vive à Rouen, Hoche signant la paix avec les Vendéens dans un paysage de bocage… Et puis le Général de Gaulle descendant les Champs Elysée, lors de la libération de
Paris.
Churchill et de Gaulle, lors du 11 Novembre
1944 à l’Arc de Triomphe sur la tombe du soldat inconnu.
Ces
images d’Epinal, pour convenues qu’elles soient parfois, permettaient aux élèves de comprendre que l’Histoire était le fait des hommes. L’historien Fustel de Coulanges allait plus loin :
« L’Histoire n’étudie pas seulement les faits matériels et les institutions, écrivait-il dans la Cité Antique (1864), son véritable objet d’étude est l’Ame humaine. » Hélas ! Cette
vision de l’Histoire (l’histoire bataille disent ses détracteurs en tordant le nez) a été battue en brèche par une conception plus abstraite où l’homme, loin de faire l’histoire, est fait par
elle ; où les comportements et les croyances sont vues comme les produits d’une société et d’une époque, jamais comme le fruit d’une démarche personnelle. Ces idées, nées au début du siècle,
sous l’influence du marxisme, se sont développées dans les années 60 et ont progressivement envahi l’enseignement de l’Histoire.
Histoire
abstraite, mais aussi Histoire tronquée. En 2007, déjà, l’historien Jacques Heers avait, « dans l’Histoire assassinée » analysé la volonté de l’école républicaine de transmettre une
vision parcellaire du passé. Il voyait une façon de formater le citoyen tout au long de sa vie.
Louis XIV par Hyacinthe Rigaud
(1702)
(Château
de Versailles)
L’exemple
le plus significatif est probablement celui de Louis XIV : « ce n’est pas seulement le Roi Soleil qui est réduit à la portion congrue, mais aussi l’œuvre considérable de tous les
principaux acteurs de son règne : Molière, Vauban, Colbert, Corneille, Mme de Sévigné et tant d’autres… Tous ces grands noms qui ont participés au rayonnement de la France à l’étranger vont
peu à peu tomber dans les oubliettes de l’histoire. » Passé par pertes et profits dans les programmes, ils ne feront plus partie du patrimoine sur lequel les enfants se construisent.
[…]
Charles-Henri
d’Andigné et Anne Gavini.
Extrait
de : Famille Chrétienne
Mais le
ministre de l’éducation nationale d’aujourd’hui, en a décidé autrement ! Les petits français n’apprendront plus « l’HISTOIRE DE FRANCE » … Mais ils sauront tout sur le royaume
Dongon !
Liviaaugustae