LES RECETTES SECRETES DES MONASTERES…
REMEDES ANCESTRAUX.
Avec patience et savoir-faire, les moines et moniales ont, depuis plus d’un millénaire, utilisé leurs connaissances botanique pour cultiver, au sein des cloîtres, de nombreuses plantes médicinales.
Si certaines étaient locales comme la sauge, la verveine, l’absinthe, le thym, la camomille, la bardane ou encore l’arnica, d’autre furent importées du bout du monde par les missionnaires et voyageurs, l’acacia blanc ou la citronnelle par exemple.
De ces jardins clos, les religieux ont mis au point des recettes souvent complexes pour soulager les maux de leur époque.
Transmises entre initiés, de génération en génération, certaines d’entre elles ont traversé le temps et sont aujourd’hui encore commercialisées avec un grand succès.
Leur longévité s’expliquent sans doute par leurs multiples bienfaits, éprouvés de longue date par nos ancêtres, par leurs compositions exclusives à base d’ingrédients naturels mais aussi par leur authenticité, en marge du renouvellement effréné des gammes de soins contemporaines.
Si elles ne prétendent pas rivaliser avec l’industrie pharmaceutique, ces recettes conservent tout de même une place privilégiée pour améliorer notre bien-être et soulager les petits maux du quotidien.
Des potions archaïques aux bienfaits intemporels.
EAU D’EMERAUDE.
Son nom vient de sa belle couleur verte ! Au cours du XVIIe, c’est une de leur bonne qui livra cette recette d’apothicaire aux moniales Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire.
Obtenue à partir de miel fermenté et de plantes médicinales macérées, cette solution alcoolisée est reconnue pour ses bienfaits, en matière d’hygiène notamment. Appliquée sur le visage, elle purifie les peaux jeunes et acnéiques. Au quotidien elle nettoie les coupures superficielles ou s’utilise en bain de bouche.
Après l’avoir utilisée pour soigner sa jambe blessée lors d’un accident de carrosse, Madame de Sévigné en fit l’éloge dans une lettre à sa fille.
ACQUA DI SANTA MARIA NOVELLA.
En 1614, elle se nommait « eau anti-Hystérique » en raison de ses propriétés relaxantes et calmantes.
C’est dans l’ancestrale « Officina Profumo Farmaceutica » de Florence crée par l’ordre Dominicain en 1220, que cette préparation alcoolique fut inventée.
Elle tire ses bienfaits d’huiles essentielles, de plantes telles que la balsamita ou la menthe poivrée et d’épices comme la cannelle.
Il est recommandé de la consommer au coucher en versant quelques gouttes dans un verre d’eau ou sur un sucre.
CHARTREUSE.
Pas moins de 130 végétaux pour composer cet élixir de longue vie dont le Maréchal d’Estrées confia la formule aux pères Chartreux un jour de 1605 !
Déjà mystérieux, ce manuscrit attendit plus d’un siècle pour être enfin déchiffré, en 1737, par Jérôme Maubec, le frère apothicaire. Toujours respecté à la lettre, sa recette assure aujourd’hui encore la renommée de cette boisson aux vertus digestives, et régulatrices des fonctions hépatiques.
BAUME DU PELERIN.
Au cœur des Alpes de Haute-Provence, dans le prieuré de Notre-Dame de Ganagobie, ce sont des moines bénédictins qui imaginèrent ce baume pour soulager les pieds échauffés des pèlerins qui parcouraient des centaines de kilomètres pour se recueillir sur les tombes des Saints.
S’il demeure une valeur sûre, c’est sans doute que sa composition demeure inchangée : huiles essentielles de menthe, d’eucalyptus, de girofle, de camphre et de sauge.
Cette pommade antiseptique et stimulante s’applique en massages pour éliminer les crevasses, assouplir la peau et rafraîchir les pieds endoloris, tout en évitant les odeurs de transpiration.
Fanny Courtiau.