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Poème

 

 

 

 

 

 

 

 

numérisation0002Madelon saute à la corde Maurice DENIS (1918)

(Collection particulière)

 

 

LA VIE AUX CHAMPS.

 

Dès que je suis assis, les voilà tous qui viennent.

C’est qu’ils savent que j’ai leurs goûts ; ils se souviennent

Que j’aime comme eux l’air, les fleurs, les papillons,

Et les bêtes qu’on voit courir dans les sillons.

Ils savent que je suis un homme qui les aime,

Un être auprès duquel on peut jouer, et même

Crier, faire du bruit, parler à haute voix ;

Que je riais comme eux et plus qu’eux autrefois,

Et qu’aujourd’hui, sitôt qu’à leurs ébats j’assiste,

Je leur souris encor, bien que je sois plus triste ;

Ils disent, doux amis, que je ne sais jamais

Me fâcher ; qu’on s’amuse avec moi ; que je fais

Des choses en carton, des dessins à la plume ;

Que je raconte, à l’heure où la lampe s’allume,

Oh ! des contes charmants qui vous font peur la nuit,

Et qu’enfin je suis doux, pas fier et fort instruit.

 

Aussi, dès qu’on m’a vu : « Le voilà ! » tous accourent.

Ils quittent jeux, cerceaux et balles ; ils m’entourent

Avec leurs beaux grands yeux d’enfants, sans peur, sans fiel,

Qui semblent toujours bleus, tant on y voit le ciel !

Les petits – quand on est petit, on est très brave-

Grimpent sur mes genoux ; les grands ont un air grave ;

Ils m’apportent des nids de merles qu’ils ont pris,

Des albums, des crayons qui viennent de Paris ;

Victor HUGO

Extrait de : Les Contemplations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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