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Poème.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

numérisation0005Les Glaïeuls, par Claude Monet (1876)

(The Detroit Institute of Arts)

 

 

 

 

VERE NOVO.

 

 

Comme le matin rit sur les roses en pleurs !

Oh ! Les charmants petits amoureux qu’ont les fleurs !

 

Ce n’est dans les jasmins, ce n’est dans les pervenches

Qu’un éblouissement de folles ailes blanches

 

Qui vont, viennent, s’en vont, reviennent, se fermant,

Se rouvrant, dans un vaste et doux frémissement.

 

Ô printemps ! Quand on songe à toutes les missives

Qui des amants rêveurs vont aux belles pensives,

 

A ces cœurs confiés au papier, à ce tas

De lettres que le feutre écrit au taffetas,

 

Aux messages d’amour, d’ivresse er de délire

Qu’on reçoit en avril et qu’en mai l’on déchire,

 

On croit voir s’envoler, au gré du vent joyeux,

Dans les prés, dans les bois, sur les eaux, dans les cieux,

 

Et rôder en tous lieux, cherchant partout une âme,

Et courir à la fleur en sortant de la femme,

 

Les petits morceaux blancs, chassés en tourbillons,

De tous les billets doux, devenus papillons.

VICTOR HUGO.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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