Non seulement Noël est très populaire chez nous, mais dans le monde entier, même les guerriers font la « trêve de Noël », mais, ce petit mot « Noël », évoque pour beaucoup : fête, cadeaux, chocolats, champagne, foie gras, etc...
Cependant qu'on oublie l'essence même de la fête, à savoir la Naissance du Christ !
Bonne fête de Noël !
Livia
L'adoration des bergers
Fra Angelico
Lorsqu’un chef d’État se rend en visite dans un autre pays, il annonce sa venue avec quelques semaines d’avance. Sans cela, il court le risque de se retrouver seul à l’aéroport, privé de tout accueil officiel.
Avant d’envoyer sur la terre son propre fils pour sauver l’humanité, Dieu a donc logiquement « pré-annoncé » la venue de celui-ci ainsi que la nature de son message. Personne n’a pré-annoncé la venue de Mahomet, ni préparé le chemin de Bouddha, ni prédit de quelle mort allait périr Lao-tseu.
En ce qui concerne le Christ, la chose est bien différente. Car sa venue, son message ainsi que des descriptions troublantes de sa mort, étaient déjà présentes dans l’Ancien Testament, et même dans des prophéties véhiculées jusqu’en Orient. On savait qu’un grand chef allait naître de la descendance de David, qu’il allait voir le jour à Bethléem, petite ville de Juda, qu’il allait régner sur toutes les nations et qu’il serait roi à jamais. On savait qu’il allait être l’agneau de Dieu, c’est-à-dire que, par le sacrifice de sa propre personne, il allait réconcilier l’humanité avec Dieu. Bien sûr, les prophéties de l’Ancien Testament n’ont pas la précision des mathématiques, mais en faisant une lecture attentive, qui pourrait douter de leur accomplissement dans le Christ ?
Les chrétiens s’y habituent, mais cette affirmation est absolument irrecevable pour beaucoup de personnes. Il a fallu un concile, celui de Chalcédoine en 451, pour arriver à cette formule : « Vrai Dieu et vrai homme »
Cette préhistoire ne s’étudie pas bien sûr sur les parois d’une grotte, mais dans le sein même du Père Éternel. Bien que Jésus soit apparu dans une grotte à Bethléem — son début dans le temps en tant qu’homme — son existence était sans commencement en tant que Dieu. Au début de son évangile, saint Jean rappelle cette préhistoire : « Au commencement était le Verbe. Le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement
On comprend mieux pourquoi Jésus dit un jour aux pharisiens : « Avant qu’Abraham fut, je suis ». Ce n’est pas une faute de conjugaison : il sait très bien ce qu’il dit. Il dit qu’il est Dieu. Tout ce qui existe dans le monde est fait selon la pensée de Dieu. Chaque oiseau, fleur, arbre a été créé en accord avec une idée présente dans l’esprit divin. Au cours de son existence terrestre, Jésus sera aussi le verbe de Dieu qui parle aux hommes. Les paroles des hommes disparaissent une fois prononcées ; mais le Verbe de Dieu est prononcé éternellement et ne cessera jamais de l’être.
« On avait prédit que cet enfant allait être une lumière pour les païens » (Lc 2, 32). Un psaume avait prophétisé que des rois de l’est allaient rendre hommage à l’Emmanuel (ps 71, 10-11). Étonnés par l’apparition soudaine d’une splendide étoile dans le ciel, des rois astrologues d’Orient étaient partis pour déchiffrer l’énigmatique prophétie qui circulait partout.
Car cette prophétie s’était répandue, Dieu sait comment, jusqu’aux extrémités les plus reculées de la Terre. Il est ainsi consigné dans les annales de l’Empire Céleste chinois : « Dans la 24e année de Tchao-Wang, de la dynastie Tcheou, au huitième jour du quatrième mois, une lumière est apparue au Sud-Ouest, illuminant le palais du roi. Le Monarque, étonné par sa splendeur, interrogea les sages. Ils lui montrèrent des livres dans lesquels cet événement signifiait la naissance d’un grand Saint à l’Ouest, dont la religion allait un jour être introduite dans son pays. »
En suivant l’étoile, les mages arrivèrent à Jérusalem et demandèrent à Hérode où était le nouveau roi : « Nous avons observé l’apparition de son étoile, et nous sommes venus l’adorer » (Mt 2, 2).
Fêter Noël parce que Jésus est le seul roi qui est né dans une étable
Dans sa prière du Magnificat, Marie s’exclame : « Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. Il a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles. Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides » (Lc 1, 51-53).
Les rois du monde naissent dans des palais, parfois loin des préoccupations humaines. Jésus, lui, naît dans l’un des endroits le plus sale au monde : une étable. Celui qui allait un jour être sauvagement tué par des hommes agissant comme des bêtes, naît au milieu des bêtes, entre la paille et le crottin.
Pour que le Ciel se donne la peine d’annoncer la naissance du Christ, celui-ci allait sans doute devenir le plus puissant roi de toute l’histoire. Ce serait un redoutable conquérant et son royaume serait encore plus grand que l’empire romain. Deux possibilités s’offraient donc aux rois qui connaissaient les prophéties : gagner dès que possible les faveurs du nouveau souverain en venant se prosterner devant lui ou bien débusquer le rival pour se débarrasser de lui dès le berceau.
Les rois de l’Orient choisirent la première solution et réussirent. Un peu plus tard, le roi Hérode choisira la seconde et fera mettre à mort tous les nouveaux-nés de Bethléem et des environs. C’est pourtant grâce aux indications des grands prêtres d’Hérode que les mages découvrirent que la prophétie devait s’accomplir à Bethléem, un hameau rural à l’écart de Jérusalem.