2 février 2014, c’est la Chandeleur.
« Mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples »
(Luc 2, 30)
La Présentation au Temple, par le Maître castillan de la Ventisolla tableau peint sur bois en 1490.
(Musée de Burgos Espagne)
Marie, toute humble, vêtue d’un manteau bleu foncé et d’un voile blanc, joint les mains après avoir confié son enfant au vieillard Syméon, qui le prend avec respect dans ses mains voilées.
Il s’apprête à prononcer les mots sublimes du Nunc dimittis (qui ouvrent la prière appelée « cantique de Syméon »).
A gauche au premier plan – ce qui est rare -, Joseph, appuyé sur un bâton, est vêtu d’un long pourpoint drapé comme une toge antique. Il porte dans un petit panier les deux tourterelles ou petites colombes offertes au Temple. Il ne faut pas être étonné qu’il n’est pas droit à une auréole comme Marie : jusqu’à la fin du Moyen Âge, il fut plutôt considéré comme le dernier personnage de l’Ancien Testament, et ce n’est guère qu’avec saint Thérèse d’Avila, au XVIe siècle, qu’on le vit comme un saint à part entière.
L’autel repose sur des colonnes de marbre noir et rouge dans une niche au fond de l’abside ; l’Arche d’Alliance est une sorte de châsse d’or sous un rideau vert émeraude, surmonté des tables de la Loi en réduction.
L’architecture figuré dans ce tableau évoque la Renaissance italienne, les vêtements, le réalisme flamand.
Le vieillard Syméon a été vêtu par le peintre d’une tenue fantaisiste mais d’une grande noblesse : une mitre d’évêque et une dalmatique de diacre, en tissus vénitien brodé de rinceaux végétaux en fil d’or (bien que l’Evangile ne dise nullement qu’il était prêtre).
Le peintre a réussi un remarquable équilibre visuel dans sa composition grâce aux couleurs : grandes plages de pourpre avec détails dorés à gauche et à droite, grande plage d’or sur le vêtement de Syméon, avec un rappel pourpre sur les fanons de sa mitre, rappel de l’or sur les auréoles de Jésus et de Marie, rappel du pourpre sur la robe de l’acolyte qui tient le livre au centre.
Le pourpre, couleur du sang du Christ et couleur impériale, et l’or, couleur de l’éternité, sont deux symboles de la divinité du Christ.
Saint Joseph tient un minuscule panier où est blotti « le couple de tourterelles ou de jeunes colombes » mentionné par saint Luce et dont l’offrande était prescrite par la Loi.
Marie-Gabrielle LEBLANC.
Les ingrédients d'une belle soirée pour fêter la Chandeleur ?
Messe ou prière familiale étoffée, bougies et dîner crêpes.
Noël et l’Épiphanie sont déjà loin, et pourtant la Chandeleur (fêtée cette année le 2 février) nous plonge dans le mystère du Fils de Dieu fait homme pour sauver et éclairer tous les hommes. Éclairer : c’est bien la fête du Christ Lumière du monde que propose de célébrer l’Église pour la Chandeleur.
En famille, donnez du sens à cette soirée, les yeux tournés vers l’Enfant Jésus de la crèche, qui reste normalement installée jusque-là.
Pourquoi les crêpes ?
Pour célébrer la Présentation, le pape Gélase Ier (VIIe siècle) organisa à Rome une procession de bougies, qui remplaça les fêtes païennes nommées Lupercales (aux alentours du 15 février). Les Romains, qui avaient pour habitude de manger des galettes de céréales rondes lors de ces fêtes, ont donc décalé ce rituel de quelques jours et, au fil des années, les galettes de céréales se sont transformées en crêpes.
Si l'origine des crêpes est païenne, elle est sympathique ; à nous de les inclure à la fête que célèbre l'Église en décorant la table de bougies, symboles du Christ lumière.
Anna Latron
J’ai déjà rangé la crèche, je la range en générale après les rois…
Nous ferons sauter les crêpes et les mangerons sans la crèche.
Liviaaugustae