Par Liviaaugustae
Présentation de Marie au Temple
Nous sommes sur l'esplanade du Temple de Jérusalem, imaginé par Champaigne comme un grandiose temple gréco-romain, combiné à l'harmonieuse beauté de l'architecture française du XVIIe siècle. Il doit être tôt car les ombres s'allongent et la cour est presque déserte. Au premier plan est installé un changeur de monnaie et vendeur d'offrandes, un de ceux que le Christ cassera un demi siècle plus tard. Anne et Joachim, accompagnés de parents ou d'amis, conduisent Marie vers le Grand Prêtre, un homme très âgé qui accueille avec bonté la petite fille, qui paraît avoir cinq ou six ans plutôt que trois.
L'évangile apocryphe du pseudo Mathieu (Ve siècle) raconte : « La troisième année, Joachim et Anne se rendirent au Temple du Seigneur et ils présentèrent leur petite Marie pour qu'elle habita avec les vierges qui, nuit et jour, louaient Dieu. Quand elle eut été amenée devant le Temple, elle gravit en courant les marches, sans se retourner en arrière et sans réclamer ses parents comme le font les petits enfants. »
Le proté évangile, de Jacques du IIe siècle, en avait déjà parlé : « Le prêtre accueillit l'enfant et la bénit en disant : « Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C'est en toi qu'il révélera la Rédemption qu'il accorde aux fils d'Israël. » Les parents redescendirent du Temple, ils étaient remplis d'admiration et louaient Dieu. Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d'un ange la nourrissait. » Le proté évangile dit aussi que le Grand Prêtre l'a bénit en prophétisant : « C'est en toi qu'au dernier jour le Seigneur révélera la Rédemption accordée aux fils d'Israël. » Elle resta dans le Temple jusqu'à douze ou quatorze ans avec d'autres jeunes filles tissant le voile du Temple....
La bordure d'encadrement de la tapisserie est ornée d'angelots et de guirlandes de fruits. Sur le cartouche du Haut se lit le titre de l'œuvre en latin, encadré par le chiffre de Richelieu, et sur celui du bas, retissé au XVIIIe siècle, la mention que la tenture a été acquise par le chapitre de la cathédrale de Strasbourg. Aux angles du haut figure le blason de Richelieu, et à ceux du bas, celui du chanoine Denis Charpentier, un de ses secrétaires.
Marie-Gabrielle Leblanc
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