La peinture reflet de l'âme...
Le Musée Jacquemart-André à Paris a réunis des œuvres prestigieuses de Rembrandt dans une mise en scène intimiste qui montre la spiritualité du grand maître hollandais.
Cette exposition se tient jusqu'au 23 janvier 2017, pour ceux qui auraient la possibilité d'y aller...
Autoportrait à la tête nue
Ce brillant autoportrait de forme ovale nous présente un Rembrandt fringant de 27 ans, l'année de ses fiançailles avec Saskia. Le pourpoint de velours est d'un rouge si sombre qu'il paraît noir. Une lumière délicate modèle les traits du visage.La splendide chaîne en or se veut le symbole de son éclatante réussite sociale, mais sans le vouloir, annonce aussi sa faillite, car il se ruinera à force d'amasser des collections coûteuses.
Parabole de l'homme riche
Un vieil homme avec des lorgnons examine une pièce d'argent à la lueur d'une bougie dont la flamme est cachée par sa main. Sa table croule sous les livres de compte, les sacoches, les parchemins où apparaissent des inscriptions en pseudo hébreu. Cette œuvre de jeunesse représente un usurier, ou peut-être la parabole du riche qui voulait bâtir des greniers encore plus grands mais qui meurt la nuit suivante.
La fuite en Egypte
Un des premiers chefs-d'œuvre, peint à 21 ans. Les saints fugitifs surgissant de l'obscurité, le manteau bleu de Marie attire le regard vers l'Enfant endormi dans ses bras. Le tableau illustre bien le deuxième chapitre de l'évangile de saint Mathieu : « Joseph se leva, prit l'Enfant et sa mère et se retira en Egypte. » Ils semblent longer un campement de bergers, car un feu, hors champs à gauche éclaire la scène et projette des ombres allongées.
Repas des pèlerins d'Emmaüs
Après avoir réalisé en 1628 l'une de ses œuvres les plus saisissantes, Rembrandt reprend vingt ans plus tard le thème du « Repas de pèlerins d'Emmaüs ». Il se renouvelle complètement. Tout est exprimé dans les visages. Jésus est d'une infinie bonté et porte encore les souffrances de la Passion, vrai Dieu et vrai homme. Le disciple à gauche étouffe un cri car il reconnaît Jésus : il représente la conviction. Celui de droite est plus lent et se pose des questions. Le serviteur est ignorant de ce qui se passe, et ce sera aux disciples de l'évangéliser.
Titus lisant
Il s'agit du fils de Rembrandt et de Saskia, ici âgé de 17 ans. Si son père a fait plusieurs fois son portrait, celui-ci est l'un des plus beaux : il prend un plaisir extrême à sa lecture, qu'il semble faire à voix haute, en souriant. Quand la peste emporta Titus à 27 ans, il venait de se marier, et n'a donc pas connu sa fille née après sa mort. Il était resté le soutien de son père dans ses épreuves familiales et professionnelles.
Marie-Gabrielle Leblanc