La légende d'Adonis
J'ai retrouvé dans un de mes albums, une photo de la mort d'Adonis prise lors d'un voyage en Italie au Musée du Bargello à Florence, je suis retombée amoureuse de cette belle sculpture d' Adonis.
C'est l'histoire du plus beau des mortels qui fut aimé d'une déesse, cette belle histoire nous est conté par le poète Ovide dans ses Métamorphoses.
Je suis en admiration devant la splendide statue de ce beau jeune homme, dont la triste histoire est arrivée jusqu'à nous, de cette légende, en souvenir de lui, nous disons encore aujourd'hui : « Beau comme un Adonis ».
Livia
[…] La déesse (Aphrodite) séduite par la beauté du jeune homme, elle oublie les rivages de Cythère... elle ne se montre même plus dans le ciel : au ciel, elle préfère Adonis. Elle s'attache à ses pas ; elle l'accompagne partout... elle erre çà et là à travers les montagnes, les forêts et les roches buissoneuses, sa robe retroussée jusqu'au genoux à la façon de Diane. Elle excite les chiens et poursuit les animaux que l'on peut capturer sans danger, les lièvres prompte à fuir, les cerfs à la haute ramure ou bien les daims. Elle se tient à distance des sangliers redoutables par leur force et elle évite les loups ravisseurs, les ours armés de griffes et les lions qui se gorgent du sang des bœufs. Toi aussi Adonis, elle t'engage à les craindre ; elle voudrait que tu profite de ses conseils... Mais le courage résiste à tous les avis. Il arriva que les chiens ayant suivi exactement la trace d'un sanglier, le firent lever de sa bauge et il allait sortir de la forêt, lorsque le jeune héros, fils de Cinyras, le perça d'un coup oblique. Aussitôt l'animal, avec son boutoir recourbé, fait tomber l'épieu teint de son sang ; Adonis tremble et cherche un abri ; mais le sanglier farouche le poursuit, lui plonge dans l'aine ses défenses tout entières et l'étend moribond sur le sable fauve... Du haut des aires Aphrodite aperçoit Adonis privé de connaissance, se roulant dans son propre sang. Aussitôt elle saute à terre, elle arrache les voiles de son sein, elle arrache ses cheveux et se meurtrit la poitrine de ses mains si peu faites pour ce rôle. Accusant les destins : « Non dit-elle, tout ne sera pourtant pas soumis à votre loi, il subsistera à jamais un souvenir de ma douleur, au mon Adonis ; la scène de ta mort, périodiquement représentée rappellera chaque année mes lamentations ; et puis ton sang sera changé en une fleur... à ces mots elle répand sur le sang du jeune homme un nectar embaumée... Il ne s'est pas écoulé plus d'une heure que de ce sang naît une fleur de même couleur, semblable à celle du grenadier, qui cache ses graines sous une souple écorce ; mais on ne peut en jouir longtemps ; car, mal fixée et trop légère, elle tombe, par celui qui lui donne son nom, le vent. (Le nom de l'anémone était rattaché à celui du vent Anémos) [...]
Ovide
La mort d'Adonis
Vincenzo de Rossi
Adonis, une main soutenant sa tête, semble davantage dormir que mourir des blessures bien évidentes infligées par le sanglier sur son torse et à sa cuisse.
Le sanglier, installé sous ses jambes entrecroisées, bien campé sur ses pattes, est tout près de vouloir encore lui donner des coups avec ses impressionnantes défenses. Le groin hirsute du sanglier sauvage offre un contraste saisissant avec la pose alanguie d’Adonis.