Par Liviaaugustae
« Dieu a entendu les cris du petit : debout ! »
Genèse 21,17
Agar et Ismaël secourus par l'ange (1648)
C'est une œuvre raffinée peinte par Eustache Le Sueur. Nous sommes au chapitre 21 de la Genèse. La servante Agar et son fils Ismaël – chassé par Abraham à la demande de Sarah après la naissance d'Isaac, le fils de Sarah – errent dans le désert et vont périr de soif. L'outre qu'Abraham lui a donné, gît par terre, vide. Mais Dieu ne les abandonne pas. « Quand l'eau fut épuisée, elle jeta l'enfant sous un buisson et alla s'asseoir. Elle se disait en effet : « Je ne veux pas voir mourir l'enfant ! »
Agar, au profil grec très pur, s'apprête a se cacher le visage dans un voile pour sangloter ; l'enfant, mourant, est envahi d'une teinte verdâtre de mauvais augure, lorsque apparaît l'age du Seigneur, radieux de beauté juvénile. Il lui indique le point d'eau salvateur (on ne le voit pas il est en dehors du tableau) « Dieu a entendu les cris du petit. Debout ! Dieu dessilla les yeux d'Agar et elle aperçut un puits. Elle alla remplir l'outre et fit boire le petit. »
Le paysage évoque bien une solitude absolue sans aucun secours humain. Le jour se lève, une douce lumière irise légèrement les légers nuages dans un ciel bleu et d'un jaune très pâles. Le désespoir fait place à l'espérance.
Le Sueur est l'un des meilleurs représentant de « l'atticisme parisien » sous Mazarin, un courant épuré, influencé par Raphaël et l'Antique grecque, aux couleurs claires et lumineuses, qui réconciliait la piété chrétienne et la beauté grecque.
Agar, très belle, a un profil très pur et une coiffure inspirée de la Grèce antique.
L'ange, lui aussi évoque la Grèce antique avec son profil classique et la pureté des lignes des drapés et ses ailes d'un blanc immaculé.
Ismaël, fils d'Abraham et d'Agar, grandit au désert avec sa mère et deviendra plus tard un tireur à l'arc.
Marie-Gabrielle Leblanc
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog



