Par Liviaaugustae
Hier, samedi 25 mars, c'était la fête de l'Annonciation,
Je vous offre donc aujourd'hui une splendide Annonciation d'une grande et fragile beauté, présentée par Mme Leblanc,
Liviaaugustae
« Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole. »
Luc 1, 38
Le célèbre Triptyque de la Vierge à l'Enfant de la cathédrale de Moulins a été peint vers 1502 par un des personnages énigmatiques de l'Histoire de l'art français du Moyen-Âge, le mystérieux Maître de Moulins. Les donateurs étaient les ducs de Bourbon Pierre II et son épouse Anne de France, fille de Louis IX.
Mais nous regardons aujourd'hui la belle Annonciation qui a été peinte en grisaille (technique flamande imitant la sculpture sur pierre) sur l'extérieur des volets, fermés les jours de semaine pour protéger la peinture ; la Vierge à l'Enfant. Marie est agenouillée devant un lutrin, priant avec la Bible ouverte – le Christ vient en ce monde pour accomplir les écritures. L'archange Gabriel lui fait l'annonce et elle répond par un geste de consentement très clair. Deux petits anges assistent Marie et trois escortent l'archange. Les personnages sont tous a peine sortis de l'enfance. On a l'impression que, si le peintre multiplie les anges sur ses tableaux, c'est pour le plaisir de peindre ces purs visages enfantins (il était aussi le portraitiste des enfants royaux). Sanglés dans leurs aubes, ils se tiennent comme le feraient des servants de messe recueillis.
Avant qu'on l'identifie, notre Maître fut surnommé de ce nom d'emprunt. On admet généralement qu'il s'agit de Jean Hey, un flamand qui travailla pour le duc et le cardinal de Bourbon à Moulins et Autun, à partir de 1470. Entre l'art médiéval et la Renaissance, il est le dernier génie du Moyen-Âge français finissant en beauté.
Marie lève très haut la main gauche, un signe d'accueil et d'acceptation qui eut cours jusqu'au XVIe siècle : « Je suis la servante du Seigneur. »
L'archange Gabriel tient un phylactère (banderole avec un texte de la Bible) où est inscrit en lettre gothique sa salutation : « Ave gratia plena, Dominus tecum. »
Un vase, à gauche derrière la Vierge, contient une tige de lis, le symbole classique de la virginité perpétuelle de Marie.
Marie-Gabrielle Leblanc
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