Par Liviaaugustae
« Ô Christ tu es descendu aux enfers pour délivrer les justes. »
Laudes du samedi Saint
La descente du Christ aux enfers
Le bienheureux Fra Angelico, peignit les fresques de chaque cellule de son couvent San Marco à Florence entre 1438 et1450. Chaque fresque forme une triade avec les cellules voisines, qui figure l'Incarnation, la Résurrection, et La Passion, ou encore les mystères joyeux, douloureux et glorieux selon la spiritualité dominicaine du rosaire. On remarque aussi qu'apparaît sur toutes, un espace voûté avec une ouverture arrondie, symbole de la vie spirituelle.
Le Descente du Christ aux enfers est l'une de ces célèbres fresques. Environné de lumière, le Christ ressuscité, porteur de l'étendard de la croix, arrache la porte des enfers et vient libérer du pouvoir de la mort les Justes de l'Ancienne Loi.
Il prend Adam – extrêmement âgé avec une longue barbe blanche – par la main et l'on reconnaît derrière celui-ci Jean Baptiste (barbe brune), Daniel (jeune et blond) au centre Abraham (âgé, derrière lui).
Tous portent des auréoles dorées comme les saints du Nouveau Testament. Ils s'engouffrent avec empressement vers la lumière et la sortie à la rencontre du Christ, dans la joie d'être libérés de l'emprise de la mort. Cet empire va s'écrouler : la caverne et le sol se fissurent.
Cette représentation s'appelle en iconographie l'Anastasis, qui veut dire Résurrection en grec. Elle fut pendant des siècles (jusqu'à la fin du XIVe siècle) la seule représentation que l'on s'autorisait de la Résurrection, même en Occident. L'art orthodoxe l'a conservée et montre rarement le Christ sortant du tombeau.
Barbe et chevelure brunes, Jean Baptiste, le précurseur du Messie, s'avance mains jointes à la rencontre de son cousin Jésus, avec les Patriarches et les Prophètes.
Des démons effrayés (à gauche) par l'irruption du Christ dans leur antre, se réfugient dans « l'arrière boutique ». Ils sont hideux, mai pas trop effrayants, car le Christ est vainqueur du mal.
Avec humour, le peintre montre un diable aplati sous la porte en fer qu'il était chargé de garder, et dont le Christ, en entrant, a arraché les gonds – symbole de sa victoire sur la mort.
Marie-Gabrielle Leblanc
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