Par Liviaaugustae
« Crée en moi un cœur pur, Ô mon Dieu »
Psaume 50
La conversion de Marie Madeleine
C'est en 1615, à l'âge de 22 ans, que la grande artiste romaine Artemisia Gentileschi peignit Marie Madeleine pénitente au palais Pitti, Galerie Palatine à Florence. Moins célèbre que Georges de La Tour sur le même sujet quelques années plus tard, cette œuvre est néanmoins d'une grande force.
Artemisia, fille du peintre Orazio Gentileschi, est l'une des plus talentueuses femmes peintres de son siècle, à Rome puis à Naples. Ce tableau rappelle ses propres traits, comme ceux de ses autres personnages féminins. Sa prédilection pour les femmes fortes moralement est due à son histoire personnelle : adolescente, elle fut violée à plusieurs reprises par un peintre collaborateur de son père.
Nous savons aujourd'hui que Marie, la sœur de Lazare, n'était ni une pécheresse ni Marie de Magdala. Cependant, à l'époque, on croyait qu'il s'agissait de la même personne. Le culte de Marie Madeleine s'est amplifié au XVIIIe siècle. Les artistes représentent moins le repas chez Simon, comme au Moyen-Âge, mais plutôt sa conversion : chacun peut changer de vie et se tourner vers le Dieu. Maie Madeleine, et saint Joseph, furent les deux saints préférés du XVIIIe siècle.
La dame qui possédait ce tableau pouvait s'identifier à la sainte et se convertir en centrant sa vie sur le Christ.
La main droite de Marie Madeleine est posée sur son cœur, pour montrer que l'amour du Christ transfigure sa vie.
Sa main gauche repousse le luxueux miroir, symbole d'une vie pécheresse ou tout au moins frivole, geste qui témoigne de son choix de suivre le Christ.
Sur le bois de la chaise, Artemisia à fièrement signé son tableau. A l'époque, il n'était pas évident pour une femme d'atteindre le succès et la notoriété qu'elle a connus.
Marie-Gabrielle Leblanc
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