Par Liviaaugustae
« Ô soleil levant, splendeur de justice et lumière éternelle, illumine ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort, viens Seigneur, viens nous sauver. »
Ancienne du Temps de l'Avent
L'évangéliaire de Rabula est un des plus célèbres manuscrits des premiers siècles chrétiens. Il contient le texte des quatre évangiles et leurs illustrations enluminées sur parchemin, et porte le nom de son scribe, Rabula, qui le signa en 486 après avoir achevé de copier et illustrer au monastère Saint-Jean de Zagba, en Syrie. Il est rare que l'on possède le nom du copiste et de l'enlumineur.
Cette enluminure en pleine page de la Vierge a les mêmes mesures que le livre. Elle montre la Vierge Marie portant l'Enfant, sur un piédestal et sous un baldaquin honorifique bien orné. C'est que le concile d'Ephèse s'est tenu cinquante-quatre ans plus tôt, en 431. Il a proclamé Marie théotoskos en grec, c'est-à-dire mère de Dieu, pas seulement mère du Christ comme le soutenait le patriarche de Constantinople hérétique Nestorius, déposé lors de ce concile.
L'art chrétien des premiers siècles est extrêmement émouvant pour nous. Il a débuté simultanément au Iie siècle dans les catacombes et chez les chrétiens de Syrie. De là, découlent tous les arts chrétiens ultérieurs.
Ce beau et précieux manuscrit, est visible ouvert à la page de la Crucifixion jusqu'au 14 janvier à l'Institut du monde arabe à Paris, dans l'exposition « Chrétiens d'Orient. 2000 d'histoire »
Il est conserve en temps ordinaire à la prestigieuse bibliothèque Laurentine de Florence, qui fut fondée au XVe siècle par Côme l'Ancien et Laurent le Magnifique de Médicis, et devint en 1571 la première bibliothèque publique au monde (non rattachée à une université). Notre manuscrit y est arrivé vers 1525.
Marie doit être appelée mère de Dieu et non seulement mère de Jésus, telle est la foi commune aux Eglises catholiques et orthodoxes depuis le concile d'Ephèse.
Marie doit être appelée mère de Dieu et non seulement mère de Jésus, telle est la foi commune aux Eglises catholiques et orthodoxes depuis le concile d'Ephèse.
Deux paons sont figurés en haut, symboles de la Résurrection, des vertus du chrétien, et de la beauté de nos âmes qui se déploiera dans la vie éternelle.
Marie-Gabrielle Leblanc
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog



