Je vous offre en ce dimanche, dans un somptueux décor bleu et or, cette très belle Assomption de Simon Vouet, le peintre que je vous ai présenté hier
Liviaaugustae
Assomption de la Vierge
Simon Vouet
Louis XIII et Anne d'Autriche ont longtemps attendu un fils, il font un vœu à la Vierge Marie en son Assomption et ce vœu sera exaucé par la naissance de Louis-Dieudonné, le futur roi Louis XIV, Anne d'Autriche commande à Vouet pour son oratoire une Assomption.
Simon Vouet va choisir de représenter Marie dans l'instant de l'Assomption.
La Vierge est happée au Ciel et son visage traduit la surprise. Elle n'est entourée d'aucun attribut, ni couronne, ni auréole. Seules deux couleurs résument ce qu'elle est : le blanc immaculé, couleur de la virginité et couleur de la résurrection ; le bleu marial, plus tendre que , plus azuré que le bleu du manteau du disciple à gauche, bleu lapis- lazuli presque acide qui est propre à la peinture française de cette époque. Pourtant ces deux bleus dialoguent ; le disciple connaîtra lui aussi le Ciel.
La tête de Marie et son corps plein, juvénile mais cependant féminin – c'est une femme qui a porté un enfant, elle a le ventre et les hanches plus larges que ceux d'une jeune fille - s'engagent dans l'or du ciel, splendide et mystérieux à la fois, car nous, nous n'y distinguons rien : pas de Dieu le Père, pas de grande mise en scène, seulement cet or velouté. Ce que Marie voit, nous ne le savons pas. Elle est la première à connaître le mystère que nous, dans ce monde-ci, ignorons encore.
Aux pieds de Marie, Vouet représente un merveilleux groupe de disciples et des Saintes Femmes autour d'un tombeau de pierre.
Précédé de quelques marches qui font la liaison de l'autel au tableau, le tombeau est une simple cuve de pierre. Au fond, l'on devine un temple païen encore debout, mais dont une corniche est brisée, signe que le paganisme du monde gréco-romain sera vaincu par le christianisme...
Ainsi se dessine, dans un triangle parfait, la gloire de Marie, le désarroi du deuil, l'étonnement du miracle. Le triangle étant équilatéral, aucun point ne domine, le regard passe de l'un à l'autre, comme le chrétien passe de l'angoisse à l'espoir, de l'espoir à la joie. C'est le mouvement baroque allié à la clarté du discours, c'est le grand classicisme français, somptueux, nourri d'intelligence et de foi.
Le groupe aux pieds de Marie auprès du tombeau vide
Marie soutenue par des angelots, dans l'or velouté du Ciel.
Frère Yves Combeau