Par Liviaaugustae
La Cène d'or et d'émail, réalisé en 1181 par lorrain Nicolas de Verdun, pour l'église des chanoines réguliers de saint Augustin, en l'abbaye impériale de Klosterneuburg, près de Vienne.
Il existe deux sources différentes dans l'art chrétien pour la représentation de la Cène dan les premiers siècles. La Cène gréco-romaine, où Jésus et les apôtres sont étendus sur des lits à l'antique, le Christ à un bout, Judas à l'autre. Et la Cène orientale où ils sont assis autour d'une table en demi cercle. La Cène représentée ici s'inspire de cette dernière. Jésus est assis au centre avec majesté, saint Jean appuyé sur son cœur. Seulement six apôtres et Judas sont représentés par manque de place sur cette petite surface d'une quinzaine de centimètres carrés. Le traître s'aperçoit du premier coup d'œil, isolé placé tout seul de l'autre côté de la table. Cette représentation se perpétuera dans l'art italien jusqu'à la Renaissance.
Jésus a rompu le pain, et tend la coupe de vin aux disciples, qui marque leur affliction de la future trahison. L'un d'eux à gauche, désigne Judas du doigt. Celui-ci, dont l'expression fausse et vulgaire, les traits grossiers, tranchent avec la noblesse des autres visages, reçoit la bouchée de la main de Jésus. Il vient de voler un poisson sur la table, qu'il cache derrière son dos. Ce poisson, inspiré de l'art chrétien des premiers siècles, symbolise le Christ lui-même qu'il s'apprête à vendre.
La communion de Judas est pour le chrétien médiéval l'image même de la communion sacrilège...
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