Par Liviaaugustae
« Bienheureux les Miséricordieux » : cette étonnante composition en azulejos (tableau en carreau de faïence bleu au Portugal) date du XVIIe siècle dans le Cloître du Silence, au monastère de la Sainte Croix à Coïmbra au Portugal.
Comme il a représenté séparément chacune des Béatitudes, l'artiste a varié les lieux et décors.... Ici, Jésus est assis devant une riche demeure en pierre , ornée d'une belle balustrade sur son perron... le Christ montre de la main droite les pains posés sur la balustrade, et il se tourne de l'autre côté pour enseigner une assistance invisible. Sur le seuil de la porte, un homme âgé à la longue barbe est vêtu d'une riche pelisse de drap et de fourrure, et coiffé d'un chapeau. Il s'apprête à distribuer les pains, est pour l'instant en train d'enfiler un vêtement à un homme en haillons et quasi nu. Une femme d'un certain âge, un jeune homme et un vieillard attendent leur tour et le regarde d'un air suppliant.
Comme la miséricorde au sens de pardon, oublie des offenses, ou bienveillance envers un coupable ou un ennemi vaincu, est difficile à représenter concrètement, l'artiste a tiré le sens de cette parabole vers les œuvres de miséricorde, qui se prête au contraire très bien à la figuration. Les œuvres de miséricorde sont un thème qui fut souvent traitées par les peintres du Nord et sont pratiquées assidument par les chrétiens au Moyen-âge :
Nourrir ceux qui ont faim
Donner à boire à ceux qui ont soif
Accueillir les étrangers
Vêtir ceux qui sont nus
Visiter les malades et les prisonniers
Enterrer les morts (ce qui était méritoire au Moyen-Âge en cas d'épidémies)
Chaque épisodes des Béatitudes est présentée comme un tableau, dans un cadre ovale en trompe l'œil ornementé (têtes d'angelots, lions, guirlandes de fleurs...) Chaque scène comporte en bas, dans un cartouche plus petit encadré de feuilles d'acanthe et de laurier, le titre et la référence dans l'Evangile...
Marie-Gabrielle Leblanc
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