Par Liviaaugustae
Le Couronnement de la Vierge
Duccio di Buoninsegna
Ce petit tableau est un fragment d'une pala (retable italien) du Couronnement, dont le reste, sauf découverte imprévisible, est probablement à jamais perdu.
La liturgie de l'Assomption applique à Marie les versets du psalmiste : « La Reine s'est assise à sa droite en un vêtement d'or », « Il a posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses ».
Le Christ, dont on ne voit que les bras, couronne sa mère d'une couronne royale d'or et de pierres précieuses. Le tableau est entièrement peint dans des tons d'or.
Le thème du Couronnement de la Vierge fut créé au XIIe siècle par l'abbé Suger de Saint Denis, surnommé le père de l'art gothique. Il imagina cette scène pour un vitrail de Notre-Dame de Paris, le triomphe de la Vierge détruit à la révolution. Elle connut du XIIe au XIVe siècle un extraordinaire succès en France et en Italie, où elle fut apportée par le pape Innocent II, ami de Suger, après un séjour à Paris.
Contrairement au modèle gothique où le Christ bénit sa Mère déjà couronnée, ici Il est en train de poser la couronne sur son front.
Si le voile de la Vierge et ses mains croisées sur sa poitrine appartiennent à l'époque gothique, en revanche sa main montrant son Fils vient des icônes grecques de la Vierge Hodigitria.
A côté de Giotto, Duccio paraît encore byzantin. Mais placé à côté d'une icône, la manière de Duccio est très occidentale et presque gothique, par l'humanisation déjà sensible du visage, les traits moins codifiés. Elle est libérée de la raideur graphique inhérente à l'art byzantin et, par sa douceur, par la souplesse de ses lignes, ouvre la voie à l'art médiéval occidental.
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