Par Liviaaugustae
Saint Luc peignant la Vierge
Une tradition rapporte que saint Luc, l'évangéliste, bénéficia d'une apparition de la Vierge Marie avec l'Enfant Jésus, et qu'il peignit la première icône.
Il est depuis le XIVe siècle le saint patron des peintres et celui de leur corporation. Plusieurs sanctuaires se flattent de proposer cette icône à la vénération des fidèles. Toujours est-il qu'au XVe siècle, les peintres et les sculpteurs aimaient représenter cette apparition.
Luc (serait-ce un autoportrait de l'artiste Rogier van der Weyden?) vêtu d'écarlate, coiffé du bonnet de cuir des peintres du Moyen-Âge, plie le genou devant la Mère de Dieu qui allaite l'Enfant sous un somptueux dais de brocart, comme pour une reine ou une noble Dame. Elle est magnifiquement vêtue, avec les teintes inhabituelles dans la peinture flamande : robe et manche de brocart brodés d'or ainsi que de rubis et saphir, sur robe de satin violet sombre doublé de petits gris, fourrure d'écureuil gris très utilisée au Moyen-Âge, et voile bleu foncé.
Il faut cependant noter qu'elle est assise non sur le siège du trône, mais sur son marche-pied, presque par terre. Il s'agit donc d'une Vierge d'humilité, thème très aimé en Flandres au XVe siècle et inspiré de l'évangile de Luc ; c'est une médiation sur le réalisme de l'Incarnation, Dieu s'est vraiment fait homme. Le petit Jésus est un vrai bébé, rieur et espiègle. Marie est à la fois notre reine et une simple femme.
Luc est en train de dessiner la Mère et l'Enfant à la pointe d'argent sur un morceau de parchemin.
L'Apparition se déroule dans un palais bien différent de ce que pouvait être l'atelier d'un peintre médiéval. Deux colonnettes de marbre donnent accès à un jardin au deuxième plan, puis sur un paysage fluvial. Sur la rive droite se dresse un château de briques et d'ardoises. Sur la rive gauche le peintre à représenté une rue de Tournai, sa ville natale, avec ces maisons de pierres, briques ou bois.
Appuyé au mur crénelé du jardin, un couple, peut-être Anne et Joachim, contemple le panorama.
Derrière Luc, une porte entrebâillée laisse entrevoir son atelier ; sous le pupitre est couché son emblème comme évangéliste : le taureau.
Marie-Gabrielle Leblanc
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