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Regard sur l'art chrétien...

 

 

 

Regard sur l'art chrétien...

 

Saint Luc peignant la vierge

 

 

 

Une ancienne tradition dit que saint Luc était peintre et médecin, et qu'il bénéficia d'une apparition de Marie après l'Assomption. Cela lui aurait permis de peindre son image qui serait la première icône de la Mère de Dieu. C'est la raison pour laquelle il est le saint patron des peintres, et des corporations de peintres des siècles passés. De nombreux sanctuaires prétendent posséder cette première icône ; la basilique de la Madona di San Luca, à Bologne en Italie du Nord, l'un des plus célèbres.

 

Ici Luc, en pelisse doublée de fourrure du XVe siècle flamant, s'agenouille sur un prie-Dieu-pupitre devant la sainte Vierge, qui apparaît dans une lumière surnaturelle. Elle serre tendrement l'Enfant Jésus dans ses bras, environnée d'un halo de nuages et de lumières roses et jaunes pâles. L'Enfant lui caresse la joue, lointain souvenir des icônes orthodxes de la Vierge de tendresse. Trois petits anges les portent en l'air, deux autres couronnent Marie avec une grande couronne d'or.

 

Luc trace son portrait à la pointe d'argent. Ce portrait n'est pas une icône mais un dessin dans le style de la Renaissance. L'évangéliste est coiffé d'un calot de cuir, comme l'était au Moyen-Âge les médecins, les peintres, mais aussi les épiciers, qui curieusement appartenaient à la même corporation, sous le patronage de l'évangéliste. Il faut noter que les épiciers ne vendaient pas alors des légumes ou des produits de consommations courantes, mais des épices rares, exotiques et précieuses, au même titre que les ingrédients coûteux nécessaires aux peintres pour leur art : lapis lazuli, malachite, poudre d'émeraude ou d'améthyste... c'est peut-être l'explication de ce regroupement bizarre.

 

Luc s'est déchaussé en signe de respect, tel Moïse au buisson ardent. Dans une niche, un hôtel juif à colonnettes ioniques porte justement une statue de Moïse tenant les Tables de la Loi.

 

La main du dessinateur est guidée par un grand ange aux ailes multicolores et diaprées, qui l'encourage et le soutient. Le livre de son évangile est discrètement posé dans le placard du pupitre sous la tablette, comme un manuscrit enluminé qu'il vient d'achever.

 

Le peintre Gossaert œuvra dans tous les Pays-Bas du nord et du sud. Il était né à Maubeuge, voyagea à Rome, vécut à Anvers et mourut à Breda. Il travailla pour l'évêque d'Utrecht, différents membres de la famille de Bourgogne et le roi du Danemark. Il est l'un des rares peintres de la Renaissance flamande.

 

Le décor architectural de notre tableau fait référence à la Renaissance italienne : des pilastres carrés sculptés en cuvette, ou des motifs de candélabres encadrent des médaillons d'empereurs romains.

 

Un écho de l'architecture romaine, et donc une référence au catholicisme auquel adhéraient les flamands, alors que la Réforme protestante se préparait et que la Hollande, au contraire, allait suivre les réformateurs calviniste.

 

Mari-Gabrielle Leblanc

 

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L
Tout comme Moqueplet, j'aurais aimé avoir un Maître pour m'initier à la peinture !!!! C'est magnifique et d'une tendresse émouvante et noble... Je n'aurais pas reconnu St Luc sans tes explications.... <br /> Merci Livia<br /> Bisous
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E
Merci pour cette explication détaillée qui permet de bien comprendre le tableau. Mais de qui est le tableau ? Dans ce tableau tout est douceur et attention .<br /> Belle soirée, bises Livia
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B
Je ne connaissais pas ce tableau. Merci ! Bon dimanche.
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M
ah que j'aimerai savoir dessiner et peindre comme ça, mais pas de chance, personne ne me guide la main, dommage....passe un bien agréable dimanche
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