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Regard sur l'art chrétien...

 

 

 

Regard sur l'art chrétien...

 

Le Christ et les disciples d'Emmaüs

 

Matthias Stomer

 

 

 

 

 

La Cène à Emaüs a souvent inspiré la peinture du XVIIe siècle dont deux célèbres œuvres de Rembrandt, par exemple. Le tableau du Hollandais Matthias Stomer est quand à lui l'un des trois qu'il a peints sur ce sujet. Le récit des pèlerins d'Emmaüs, se situe au chapitre 24 de saint Luc.

 

Il fait nuit. Cléophas et l'autre disciple, dont Luc ne révèle pas le nom, ont invité Jésus à entrer avec eux à l'auberge. Il a pris du pain et est en train de dire : «Ceci est mon Corps» ; le pain est placé à côté de la flemme de la bougie, au centre de la table. Elle est le symbole du Christ, Lumière dans le monde. Il va disparaître dans un instant après leur avoir donné son Corps en nourriture, mais la flemme est le signe qu'Il reste parmi les hommes : «Lorsque vous êtes deux ou trois réunis en mon nom, je suis au milieu de vous » (Mt 18, 20). Stomer a bien rendu la double nature du Christ, et la proximité encore immédiate des souffrances de la Passion. Les deux disciples rebroussent chemin immédiatement et reviennent à Jérusalem tout raconter aus apôtres : « Notre cœur n'était-il pas tout brûlant quand il nous parlait en chemin et qu'il nous expliquait les Ecritures ? » (Luc 24,32.)

 

Au XVIIIe siècle, beaucoup de gens allaient en pélerinage à Compostelle, à Rome ou ailleurs. En mettant au disciple assis à gauche un chapeau orné d'une coquille Saint-Jacques, le peintre faisait clairement comprendre à ses contemporains que cet homme est un pèlerin qui vient de passer la Pâque à Jérusalem. Même le jeune serviteur qui emporte un plat vide à l'air stupéfait, et regarde le Christ avec un air impressionné : le peintre veut exprimer que le Christ est venu sauver tous les hommes et pas seulement les Douze. Le petit chien blanc au premier plan, lui, est l'emblème de la fidélité, même si elle est imparfaite et intéressée, car il quémande une bouchée de nourriture.

 

Le clair-obscur contrasté, signature du Caravage et de ses suiveurs les caravagesques, indique que, si grave que puisse être notre péché, Jésus ne craint pas de venir en notre âme. Le fond totalement noir symbolise la sombre caverne de notre cœur, comme disent les orthodoxes. Le Christ descend dans cette caverne et y apporte la vraie lumière. Le plus grand pécheur est susceptible de conversion. La flamme de la chandelle sur le bougeoir n'est donc pas seulement l'éclairage de ce dîner vespéral à l'auberge, mais aussi le symbole théologique du Christ, Lumière née de la Lumière.

 

Marie-Gabrielle Leblanc

 

 

 

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L
Bonjour Chère Chantal<br /> Tu aurais régalé ma fille si elle avait été là elle peint et ce clair obscure est sublime merci pour le texte de Marie Gabrielle<br /> Bonne soirée ma douce et gros bisou<br /> Méline
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É
Bonjour Chantal. Le clair-obscur est magnifique et les explications de Marie-Gabrielle permettent de comprendre la scène. Bisous
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D
je ne connaissais ni le peintre ni le tableau mais j'aime beaucoup en particulier cette lumière si chère aux peintres flamands 
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L
La peinture est très belle et moi j'y vois des brigands en train de comploter en douce... mais bon, à chacun son interprétation n'est-il pas ? <br /> Bisous et très bon dimanche
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E
Une très belle peinture que l'explication met bien en valeur .Merci.<br /> Bon dimanche , bises Livia
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