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Regard sur l'art chrétien...

 

 

 

 

Multiplications des pains brodée

 

 

A Rocheservière en Vendée, l'ancienne chapelle de Saint-Sauveur, du XIIe siècle, expose depuis 2013 les broderies réalisées de 1974 à 1998 par Nicole Renard, née en 1930. Son œuvre principale – Evangile et épîtres de Jean, et Apocalypse – comporte sept rouleaux de 20 mètres chacun et 60 cm de large, 140 mètres de broderies, 1310388 lettres, 110 illustarations, 80km de fil de coton... Sont également exposés dans la chapelle ses derniers ouvrages : Les Mystères du Rosaire, la Vie de saint François d'Assise et son Cantique des créatures. Elle a fait don de la totalité de son œuvre au département de Vendée. Lexposition a été inaugurée par Philippe de Villiers.

 

 

 

Contrairement à la plupart des artistes, Nicole Renard a mis au premier plan le résulta final du miracle de la multiplication par Jésus des cinq pains d'orge et des deux poissons : les douze couffins de restes après la distribution, qui a également été représentée par la brodeuse.

 

L'épisode est relaté dans l'Evangile de saint Mathieu (14, 13-21 et 15, 32-39), et au chapitre 6 de saint Jean. Douze couffins comme les apôtres, le chiffre est symbolique. Le Christ , vêtu des couleurs de rigueur – rouge et bleu pour sa divinité et son humanité – est assis comme on le représente à la Création du monde sur les fresques et mosaïques byzantines, tenant à la main le rouleau de la Parole divine, et la tête auréolée du nimbe crucifère qui lui est réservé. Il a le pied sur un petit marchepied, qui symbolise le monde.

 

Il remet Lui-même, un morceau de pain et de poisson à trois hommes qui se présentent. La brodeuse n'a pas précisé s'il s'agit d'apôtre – peu probable car ils n'ont pas d'auréoles – le Christ en effet propose le pan de sa Parole à tous les hommes sans exception.

 

Saint Jean écrit : « Les gens dirent : « C'est vraiment lui, le prophète qui doit venir dans le monde ». Il ne donne pas de proportion de ceux qui ont compris. Mais un certain nombre ont, à ce signe reconnu Jésus comme le Messie annoncé. Mathieu ne rapporte pas ces propos mais donne en revanche le nombre des présents : « Cinq mille hommes et femmes, sans compter les enfants ».

 

Contrairement à Jean, il décrit deux multiplications des pains par Jésus ; il y eut en effet une seconde réalisée quelques jours plus tard pour quatre mille hommes. Mais ce n'est pas celle qu'illustre Nicole Bernard, car il ne resta que sept corbeilles le seconde fois.

 

Pour un juif à l'époque, le parallèle pouvait être fait entre ce miracle du Christ et le chapitre 19 du Premier Livre des Rois, où le prophète Elie, pourchassé et persécuté par la reine Jézabel, est secouru par un ange, et réconforté par une nourriture miraculeuse de pain et de vin. Ainsi qu'avec la récolte de manne dans la Sinaï par les hébreux : cette nourriture surnaturelle, qui doit être consommée chaque jour, donne elle aussi des forces à tous ceux qui en ont besoin.

 

Ces deux épisodes sont considérés par les chrétiens comme des « antétypes», c'est-à-dire des préfigurations, des prophéties de l'Eucharistie. C'est en ce sens que les miracles des Noces de Cana pour le vin, et de la multiplication pour le pain, sont les ultimes annonces par le Christ de l'Eucharistie. D'ailleurs saint Mathieu rapporte que Jésus, avant d'opérer la mulitplication, a levé les yeux vers le ciel et dit la bénédiction, comme Il le fera à la Cène.

 

Catholique mais férue de liturgie byzantine et de spiritualité orthodoxe, Nicole Renard s'est inspirée d'icones, de mosaïques, enluminures et tapisseries médiévales, les transposant dans son propre style et son imaginaire, par la technique appelée « peinture à l'aiguille ». Vingt-neuf couleurs ont été utilisées pour les images. Il faut 60 points pour un simple « i », 350 heures et 28 teintes pour un visage du Christ. Elle écrivait d'abord au feutre le texte, pendant un mois tous les quatre ans, puis brodait en moyenne 60 lettres par jour.

 

La toile bise est brodée comme des enluminures, autour du texte qui est en vert foncé. La lenteur du travail lui permettait de méditer chaque scèe en profondeur, et elle avait l'imprssion d'avoir participé à ce moment de l'Evangile, comme une prière du cœur continuelle, plus de vingt-quatre ans durant, soit environ 48000 heures de travail.

 

Mari-Gabrielle Leblanc

 

 

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M
Vous ne serez pas déçue Chantal, si vous allez voir les broderies de Nicole sur place. C'est une femme merveilleuse que j'ai rencontrée 3 fois en reportage chez elle, en Provence puis en Vendée.
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É
Bravo à cette artiste. J'avais lu des articles sur elle, sans doute chez Anne. Bonne sisous
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L
Quel travail ! Cette artiste a dû passer des centaines d'heures à réaliser d'aussi grandes broderies ! <br /> Bisous et bonne journée
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A
J'en garde un souvenir ébloui, j'ai écrit un ou 2 articles sur elle...il y a 6 ans, avec beaucoup de photos ; j'ai cherché, c'est ICI<br /> Broderies de Nicole Renard à voir : le sublime et la prière au bout d’une aiguille | ArtisAnne Textile (artisanne-textile.fr)<br /> J'étais heureuse de la retrouver chez toi et je vais lire longuement ce que tu écris; ce qui est sûr, c'et que je DOIS y revenir!!! Merci de raviver mes souvenirs émerveillés
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G
Magnifique cette œuvre Livia<br /> Et merci pour ce billet intéressant <br /> Bon dimanche 
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